En Croatie, Postira a accueilli le 12 octobre dernier le 2e Championnat du monde de récolte d’olives. Onze équipes se sont affrontées sous un ciel d’un bleu franc, pour tenter de gagner le très convoité titre de champion du monde de la discipline

Sur l’île de Brač, une route en lacets permet de se rendre de Supetar, port de débarquement des ferries, à Postira, petit port de pêche aux maisons de pierre blanche si typique de la région. Si ce petit village entouré de collines plantées de milliers d’oliviers a été choisit pour ce championnat un peu décalé, ce n’est pas un hasard ! Son usine de transformation des olives en huile est la plus grande de l’île. C’est aussi à Postira que se trouve le plus grand nombre d’oliviers du territoire qui en compte plus d’un million.

UN CHAMPIONNAT POUR PROMOUVOIR LA DESTINATION

Le but non manifeste de cet événement atypique organisé par l’Office du Tourisme et la Coopérative Agricole de Postira est surtout de promouvoir l’aspect touristique du petit village – qui ne compte pas plus de 1500 habitants – et sa culture tournée vers l’olive et l’huile d’olive. Onze équipes, chacune composée de quatre ramasseurs (2 femmes et 2 hommes), se sont retrouvées dès l’aube sur une plantation pour défendre les couleurs de leur drapeau : Grande-Bretagne, Espagne, France, Hongrie, Suède, Hollande, USA (Alaska), Bosnie-Herzégovine, Slovénie, Monténégro et Croatie. Parmi elles, certaines n’étaient pas des inconnues puisqu’elles étaient déjà en lice l’année dernière pour tenter de gagner le saint graal. D’autres participaient à ce championnat pour la première fois comme la sympathique équipe de Grande Bretagne avec Carmel Reader et son frère Mark comme chef de groupe. Pour unique préparation, faute d’oliviers sur leur territoire, les anglais ont visionné une multitude de vidéo sur la cueillette des olives et… imprimé des tee-shirts de compétition !

DOIGTÉ ET RAPIDITÉ POUR TENTER DE GAGNER LE TROPHÉE

Première épreuve et non des moindres : 45 minutes à ramasser à la main des olives sur trois arbres préalablement choisis par l’équipe. Il fallait donc être rapide et observateur pour accrocher en premier sa bannière sur les oliviers les plus fournis. Ensuite doigté et technique étaient nécessaires pour cueillir les fruits. Avec comme seul outil les mains, les doigts écartés comme un râteau, pour entraîner dans sa besace le maximum de fruits. Malgré l’apparente simplicité, le geste n’était pas forcément évident. Cette année, la deuxième épreuve n’a pas été la récolte moderne avec perches mécaniques comme l’année précédente mais un questionnaire de 15 items auxquels il fallait répondre en moins de 10 minutes. Des questions générales sur l’huile d’olive comme la pollinisation, les apports caloriques, le poids d’olives nécessaires pour obtenir un litre d’huile, les plus gros producteurs et consommateurs d’huile d’olive, l’impact des composés phénoliques sur le goût de l’huile ou la teneur en acide de l’huile d’olive… Là aussi, le temps comptait. Si deux équipes avaient été ex æquo, le temps mis à répondre aux questions les aurait alors départagées. Scénario possible mais qui ne s’est pas présenté cette année…

LA CROATIE, CHAMPIONNE INCONTESTABLE DE RÉCOLTE D’OLIVES

Sans grande surprise, comme l’année dernière, se sont les croates, issus du cru, qui sont sortis vainqueurs des épreuves avec 67 kilos d’olives ramassés. Les monténégrins sont arrivés deuxièmes avec 56,60 kg soit plus de 10 kilos d’écart avec les champions 2018. Et les anglais sont arrivés bons derniers avec le sourire et 36,80 kilos d’olives affichés sur la balance. « Ce fut une expérience incroyable, nous nous sommes amusés dès notre arrivée et nous avons hâte d’y retourner l’année prochaine. C’était un honneur de perdre ! » explique Carmel. Le poids ramassé pas les anglais n’étant différent que de 200 grammes avec celui des espagnols qui ont glané 37 kilos d’olives. La septième et la huitième place se sont également jouées à un cheveu près avec 40,40 kg pour les suédois et 40,20 kg pour les hongrois. Les français, dont c’était la première participation également, sont arrivés quand à eux neuvième. L’année dernière une « équipe » française composée de journalistes et de bloggeurs avait participé hors compétition. Au delà de la rivalité lors des épreuves, ce sont les liens humains qui se sont révélés riches. Certains participants se connaissaient déjà, d’autres ont créé de nouveaux liens d’amitiés. Ce championnat a aussi été l’occasion de découvrir d’autres villes de l’île comme Dol, Škrip ou encore Pučišća durant les temps libres. Une édition 2018 riche en émotion (portfolio complet).