La culture des tomates et des concombres sous serre, mode de production conciliant performance de rendement et respect de l’environnement, est devenue une norme en France. Comment fonctionne-t-elle ? Les fruits et légumes cultivés sous serre et hors sol sont-ils aussi bons que les autres ? Direction Mordelles près de Rennes dans l’exploitation de Frédéric Diot, adhérent de Solarenn

UNE CULTURE SOUS SERRE ET HORS SOL

Des immenses serres « nouvelle génération » et ultra modernes à perte de vue. À l’intérieur la température rappelle celle des tropiques. Des milliers de plants de tomates de variétés différentes grimpent verticalement à 15 mètres de haut pour capter la lumière du soleil. Malgré tous les éléments réunis, nous sommes bien en France, à quelques dizaines de kilomètres de Rennes chez le producteur adhérent de la coopérative Solarenn (30000 tonnes de tomates commercialisées chaque année, 1000 producteurs, 1000 hectares de production), Frédéric Diot. Ananas, Green Zebra, Cœur de bœuf, Marmande, Noire de Crimée, Cerise, Cerise Grappe, Beef, Allongée, Belle d’Autrefois… Cette région produit 85% à 90% des tomates et concombres français. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas parce que les fruits et légumes sont cultivés sous serres, hors sol, qu’ils sont bourrés de produits chimiques.

DES VARIÉTÉS HYBRIDES ISSUES DE CROISEMENTS

Les serres servent à confiner une certaine ambiance climatique, protégeant les fruits et légumes des variations et aléas climatiques, et favorisent la croissance des végétaux. Frédéric Diot a commencé à diversifier sa production vers 2013/2014. « Timidement d’abord, en plantant 2500 m2 de Noire de Crimée. Face au succès et à la demande, j’ai planté d’autres variétés anciennes comme les tomates Ananas, Marmande, Cœur de bœuf sur près d’1 hectare » explique-t-il. Frédéric possède également 1 hectare de tomates Cerise et 1 hectare de tomates Grappe. Frédéric Diot achète ses plants greffés (généralement de 44 jours), produits à partir de graines hybrides. L’hybridation ou croisement, à ne pas confondre avec une modification génétique (OGM) et qui existe dans la nature, permet de tirer le meilleur de chaque variété. La fleur d’un plant est croisée avec le pollen d’un autre et vice-versa pour donner des grosses tomates qui ont du goût mais aussi qui soient plus résistantes face aux maladies.

VERS UNE AGRICULTURE RESPONSABLE ZÉRO PESTICIDES

Autre caractéristique de ces tomates : elles sont cultivées hors sol. Cette technique permet dans un premier temps d’éviter tous les problèmes sanitaires liés à la terre. Hors sol ne veut pas dire sans racines. Ces dernières, vitales pour la croissance des plants, poussent dans une sorte de terreau. Un substrat recyclable qui peut être composé soit de laine de roche, soit de fibre de coco. L’irrigation se fait au compte goutte. L’eau et les nutriments (fer, calcium) non utilisés par la plante sont recyclés pour être réutilisés. Ce circuit fermé n’engendre aucune pollution. Les Tomates et Concombres de France sont cultivés sans pesticides ou produits phytosanitaires. Solarenn adhère au dispositif Dephy Ecophyto 2018, autrement dit la réduction de l’usage des produits phytosanitaires et phytopharmaceutiques conduisant à une transition vers l’agroécologie. Pour protéger les végétaux, les cultivateurs de l’AOPn Tomates et Concombres de France appliquent la Protection Biologique Intégrée (PBI), une protection naturelle grâce à l’introduction dans les serres d’insectes utiles et destinés à chasser les insectes nuisibles et ravageurs. La coccinelle et la punaise polyphage (macrolofus) dévorent les pucerons. L’Encarsia formosa – une micro-guèpe – élimine les mouches blanches en pondant ses œufs dans ceux de cette dernière. Les bourdons, quant à eux, réalisent l’énorme travail de pollinisation, sans lequel il ne pourrait pas y avoir de tomates. Dans l’optique d’une agriculture responsable et sans pesticides, Solarenn a lancé récemment une gamme « Les Responsables ». Aucun traitement de synthèse n’est utilisé pour la production de cette gamme de tomates cueillies à maturité et utilisant un emballage recyclable.

Voyage de presse réalisé par Gulfstream Communication avec des journalistes et blogueuses dont Elisa Les Bons Tuyaux.