Pour sa collection automne-hiver 2026-2027 intitulée 9 1/2 Weeks, Christophe Guillarmé célèbre l’ère enchantée des années 80, après Amazing Grace et Seeking Susan, où rayures optiques, tulle vaporeux et clins d’œil sensuels à Kim Basinger illuminent la Paris Fashion Week.
Christophe Guillarmé n’en finit pas d’explorer les années 1980 en mode, une époque qu’il semble chérir et dont il s’inspire depuis quelques collections couture… Après celle de l’automne-hiver 2025-2026 Amazing Grace inspirée de l’icône punk et muse warholienne Grace Jones, puis la somptueuse Seeking Susan Printemps-Été 2026 puisant dans le film Recherche Susan désespérément (1985) l’esprit rebelle pop des années 1980, l’automne-hiver 2026 9 1/2 Weeks marque de son sceau l’esprit magique et iconique de cette décennie enchantée.
JEUX OPTIQUES SUR PODIUM
« Baby take off your coat. Real slow. Baby take off your shoes. I’ll take your shoes. Baby take off your dress. Yes yes yes » Au son de You can leave your hat on de Joe Cocker, la scène mythique du strip-tease derrière les persiennes (en vidéo à la fin de cet article) du film 9 semaines 1/2 – peut-être l’une des scènes les plus sexy du cinéma – est devenu le temps d’un défilé, présenté au Balajo à Paris, la référence centrale de cette nouvelle collection 9 1/2 Weeks toujours aussi féminine. « La scène du strip-tease est un moment très particulier, où Kim Basinger enlève ses vêtements un à un, et où la lumière et l’ombre créent des rayures irrégulières sur tout son corps. J’ai vraiment voulu retranscrire cela dans mes silhouettes et sur mes modèles ce soir. J’ai donc voulu les habiller uniquement de lumière, de rayures irrégulières, ce qui crée un effet presque optique, une vision nouvelle de la femme inspirée des années 1980 » souligne Christophe Guillarmé. Le jeu des rayures de la persienne parfois irrégulières par la sensualité de Kim Bassinger, les ombres et la lumière par l’éclairage parfois cru de la scène, aux effets cinétiques Op Art, les couleurs de la fameuse séquence cinématographique, tous ces éléments servent de palette visuelle à l’imagination de ce metteur en scène de la Paris Fashion Week pour sa collection 9 1/2 Weeks. Les tons rouges du compact disque introduit dans son lecteur, les tons bleus de l’écran des décibels, les points rouges et bleus qui clignotent au rythme des premières notes de musique, le contraste noir et blanc de la scène où apparaît Kim Bassinger, ce passage du film où ce duo chromatique est ponctué de touches colorées comme la carnation de la peau des deux protagonistes, diaphane pour elle et dorée pour lui, le pop corn dégusté par Mickey Rourke, le filtre de sa cigarette, la bouteille de vin blanc posée sur le plan de travail de la cuisine aux reflets couleur paille comme la chevelure de la protagoniste, puis les couleurs de la ville dans la scène finale sont autant d’éléments qui frappent l’imagination des connaisseurs inconditionnels de ce film culte.
MATIÈRES VAPOREUSES ET VOLUMES AUDACIEUX
Les couleurs principales de 9 1/2 Weeks se répartissent entre teintes profondes et chatoyantes (noir, bleu marine, bordeaux, taupe, vert sauge, émeraude), chaudes et neutres (beige, camel, ambré, ivoire, rose poudré) et vibrantes (violet, rouge, rose). Les formes et silhouettes s’articulent autour de longues robes sirène, capes, bustiers où les fentes, traînes, encolures carrées ou bateau, manches pagode, volutes ou amovibles créent une sensualité vaporeuse et structurée, de robes-chemises courtes fluides avec des corsages tourbillonnants, des volumes dynamiques où le smoking structuré, les épaulettes, les roses découpées au laser et les plissés en satin duchesse se déploient avec audace. Côté matières, le tulle domine largement comme matière principale de 9 1/2 Weeks que ce soit pour les robes courtes ou longues. Il apparaît dans plus de 20 looks, associé à des broderies sophistiquées ornées de tubes argentés, de cristaux multicolores, de sequins, de guipure, de dentelle et de volants en cascade. Parmi les pièces, de cette collection 9 1/2 Weeks, qui ont retenu l’attention de la rédaction de Délices Magazine, l’étole en cachemire appliquée de dentelle, par Christophe Guillarmé et Caron Paris, portée par le mannequin Daria Davidoff – délicatement nouée sur la poitrine -, réincarnait avec audace la nuisette fluide en satin de Kim Basinger dans la fameuse scène. Panache créatif complété par le sac à main en forme de séchoir à cheveux, qui, lui, s’inspirait de la scène où Demi Moore se sèche les cheveux en dansant sur Little Bird d’Annie Lennox dans le film Striptease (1996). Autre modèle, celui-ci coup de cœur absolu de la rédaction, la mini-robe en tulle bordeaux avec un corsage ondulant portée par Mareva Michel, miss Île-de-France 2025. Un modèle audacieux en tulle jouant sur la transparence et le mouvement, sensuel et dynamique.



























