Effectuer douze heures de vol vers le Mexique peut rapidement devenir une expérience éprouvante. Lorsqu’il s’effectue en Business Class, le voyage prend une toute autre dimension. Sur un vol de nuit en particulier, le confort offert transforme le trajet en parenthèse privilégiée. La cabine Premier One d’AeroMéxico répond aux attentes des voyageurs les plus exigeants.

LA PREMIER ONE (ALIAS BUSINESS CLASS) EN DÉTAIL

La nouvelle rotation Paris-Monterrey, inaugurée le 14 avril dernier, s’effectue dans un 787-9, plus connu sous le nom de 787 Dreamliner. Cet avion allie une pressurisation plus agréable en maintenant une altitude plus basse en cabine que la plupart des autres avions (1800 m au lieu de 2400 m), une hygrométrie plus élevée, de grandes fenêtres électro-opacifiantes, des éclairage LED dynamique selon les phases du vol, une cabine plus silencieuse, des coffres à bagages plus grands, une meilleure filtration de l’air et une consommation réduite de 20-25 % de carburant.
La partie avant de la cabine se compose de six rangs soit 28 sièges-lits (full flat bed) se répartissant en 1-2-1 tandis que la classe affaire arrière ne possède, quant à elle, que deux rangs, soit 8 sièges configurés de la même manière. Cette configuration en 1-2-1 permet à chaque passager d’accéder au couloir comme bon lui semble. Entre les deux cabines de la classe affaire, un sky bar, autrement dit un large espace (le « galley »), est aménagé où boisson et snack mis en place après le décollage, et où ceux qui voyagent ensembles, mais finalement séparément compte tenu de la configuration des sièges, peuvent se retrouver pour prendre un verre ou discuter.

Dès l’installation dans l’avion, le passager se sent comme chez lui et commence à explorer l’espace qui va être le sien une dizaine d’heures.
La prise en main de ce dernier peut paraître un peu complexe pour les novices. Le jeu consiste à deviner où se trouvent les différents éléments comme la prise électrique pour le casque (d’une qualité extraordinaire) ou encore la télécommande de la télévision. Ils sont soigneusement cachés dans un grand espace de rangement qui jouxte le hublot. Il y en a quatre en tout, un dans l’accoudoir, deux près des hublots, un à côté du gilet de sauvetage.
L’écran tactile individuel est d’un format appréciable mais un peu loin, une distance parfaite pour les presbytes ou hypermétropes mais les myopes, quant à eux, devront s’armer de leurs lunettes.
Pour déplier la table à manger, l’aide d’un PNC (Personnel Navigant Commercial) ou une petite exploration est nécessaire. Chaque passager de la Business Class reçoit une trousse de confort Lancel, différente sur le vol aller et retour avec notamment des produits vegan de la marque Teaology (brume faciale 2 en 1, crème mains et baume à lèvres à base de thé matcha), une brosse à dents et du dentifrice, des chaussons estampillés du logo, un masque de nuit.

L’OFFRE GASTRONOMIQUE ET LE SERVICE À BORD

Les passagers sont accueillis avec une bière ou un verre de Champagne Chanoine Frères. Quand l’heure du déjeuner ou du dîner a sonné, les PNC mettent les petits plats dans les grands. Première étape, la jolie nappe en lin et sa serviette assortie sont dressées sur la tablette à manger.
Le déjeuner proposé, lors de l’inauguration de cette nouvelle route directe, était composé d’un plateau entrée avec deux épaisses tranches de thon blanc, moelleuses et savoureuses, relevées d’oignon rouge en pickles et de câpres, servies avec un quartier de citron. À côté, une petite noix de confiture de figue apportait une touche sucrée à un trio de fromages, un camembert et deux pâtes pressées, dont un comté, servis ensemble sur la même assiette. Pour le plat chaud, trois options étaient proposées : une viande, un poulet et une alternative végétarienne. De quoi contenter tous les appétits. Le paleron braisé était très tendre, fondant, sans être trop gras. Bref parfait. Il était accompagné de légumes du soleil et de quartiers de pomme de terre façon frites « Deluxe Potatoes », lesquelles manquaient, bien évidemment, de fermeté et de croquant sous la langue. L’un des futurs défis de la restauration à bord pourrait être de servir des frites croustillantes… ou alors de changer de garniture pour échapper à cette équation quasi impossible de la restauration aérienne. Servis sur un plateau, le plat était accompagné d’une petite salade roquette-parmesan-tomate. La sauce vinaigrette Borges au vinaigre balsamique, dosée à 60% d’huile de tournesol, 25% de vinaigre balsamique IGP et 15% d’huile d’olive vierge extra, est parfaitement équilibrée.

En dessert, une glace ou un petit gâteau, délicatement composé d’une gelée de mangue, d’une onctueuse crème aérienne à la noix de coco et d’une couche de crumble délicieusement croustillante étaient proposés. Bien que la pâtisserie ne soit pas le fort des Mexicains, ce dessert était vraiment excellent ! La collation avant l’atterrissage se fait également en service à l’assiette. Sur ce vol, le choix se portait sur un sandwich ou une quiche lorraine accompagnée de sa salade verte. Bien dorée, avec sa pâte croustillante et un appareil fondant et moelleux, cette dernière était tout simplement divine.
Au retour, la carte proposait une entrée composée d’un mille-feuille de saumon fumé, servis avec un trio de fromages (provolone, manchego et fromage de chèvre) et noix de pécan.
En plat, une côte levée braisée, s’effilochant aisément à la fourchette, nappée d’une délicieuse sauce moutarde était accompagnée d’une purée de pomme de terre rustique et d’une courge Patty Pan. Une délicieuse salade de feuille d’épinards et d’un émietté de fromage de chèvre couronnait le tout et apportait une touche de fraîcheur printanière. Les boissons, vins (Chardonnay Louis Eschenauer en blanc, Bordeaux Eschenauer, Ribera del Duero Lleiroso Reserva en rouge), cocktails (dont le Bloody Mary, difficile à trouver dans les restaurants-bars, le Cuba Libre, le Charro Negro…), liqueurs et spiritueux (Baileys Irish Cream, Tequila Maestro Dobel Diamante, Absolut Vodka, Mezcal Creyente 100 % Agave Espadin…), tisanes étaient à volonté. Bref, même si la carte ne semble pas avoir été élaborée par un chef étoilé, la gastronomie à bord de cette Business Class, ainsi que le service attentif, n’ont rien à envier à d’autres compagnies et témoignent d’un vrai souci du détail qui mérite d’être plus que salué.

LES POINTS QUE AÉROMEXICO POURRAIT AMÉLIORER

Parmi les petits bémols, la disposition du siège en épi dirigé vers le hublot rend difficile (voir impossible sur certaines autres compagnies) de profiter pleinement du paysage sans devoir se pencher fortement en avant, ce que la ceinture rend parfois impossible. La fermeture automatique des hublots de toute la cabine par les PNC, même sur des vols de jour, nuit à l’expérience. L’avion est avant tout un lieu d’évasion où le paysage est un appel à la rêverie. Un bouton permet de rouvrir son hublot mais il ne fonctionnait pas sur notre siège à l’aller. Lorsqu’un passager choisit un hublot, c’est aussi pour profiter de la vue. L’accoudoir côté couloir, avec un rangement intégré, doit être également rétracté lors des décollages et des atterrissages. Côté film, le catalogue est un peu léger avec de nombreuses productions peu récentes (dont Le Diable s’habille en Prada, vu pour la énième fois), beaucoup de film en anglais sous titrés en espagnol ou en anglais. Sur un vol qui relie Paris au Mexique, cela peut faire grincer des dents.

AeroMéxico effectue une rotation Paris-Monterrey chaque mardi, vendredi et dimanche avec un départ à 12h et chaque lundi, jeudi et samedi avec un départ à 15h15.

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