Tout là-haut, à Val Thorens en Savoie, la plus haute station d’Europe mondialement connue et élue à neuf reprises meilleure station de ski du monde, se niche le Pashmina qui en cette année 2006 fête ses dix ans.

Pour le skieur, le randonneur, l’aventurier ou la famille, ce lieu est un véritable refuge, luxueux, chaleureux, authentique, gourmand et convivial grâce à son esprit de famille. Si avant d’arriver à l’hôtel Pashmina, le voyageur laisse son esprit jouer et vagabonder avec ce mot d’origine persane, Pashmina, il peut imaginer beaucoup de choses, voyager vers les hauts plateaux himalayens là où les chèvres donnent leur duvet pour fabriquer ce châle synonyme de douceur, de chaleur, une esthétique, un luxe discret. Autant dire qu’en arrivant à la réception de l’hôtel ce rêve de raffinement et d’élégance entre en parfaite résonance avec le lieu.

LE PASHMINA, UNE AVENTURE FAMILIALE

Le luxe n’est pas que dans les lieux, il est aussi dans la manière dont les gens sont accueillis. Au Pashmina, le supplément d’âme appelé esprit de famille émane de chaque recoin. Celle du clan Gorini, un nom indissociable de l’histoire de Val Thorens. « Le projet Pashmina, depuis le départ, ça a été qu’un regroupement d’amis et puis l’aventure de la famille que nous sommes, des pionniers de Val Thorens. Mon père était pisteur secouriste, moniteur de ski, et il est arrivé au tout début de Val Thorens. Ils ont monté avec ma mère une petite crêperie qui est toujours existante et repris un petit hôtel qu’on a toujours dans le groupe et que je gère toujours. » détaille Cédric Gorini, disponible, amical, passionné, dans cet esprit chaleureux qui marque les lieux. Au départ, Cédric Gorini n’envisageait pas une carrière dans l’hôtellerie, « moi c’était le ski, l’alpinisme ». Il est tenté par l’aventure américaine dans le Colorado mais au cours d’un retour dans ses montagnes françaises et auprès de ses parents, les choses s’enchaînent vite. Il rencontre Stéphanie qui deviendra son épouse et se reconnecte avec l’hôtellerie, fait une formation chez Bocuse et puis en 2013, aidé et encouragé par son père, se lance dans l’aventure du Pashmina épaulé par sa famille. « La disponibilité, l’engagement et l’envie de tout donner pour y arriver » sont alors les piliers sur lesquels il s’appuie. Un projet cependant « lourd pour la famille » mais qui a pu profiter de la solidarité de tout un village, toute une communauté appelée ici « Val Thorens United ».
« La veille de l’ouverture du Pashmina, à 19h ou à 18h, c’était encore une catastrophe. Nous devions accueillir, 170 clients. Nous n’étions pas prêts. Tous les habitants de Val Thorens sont venus nous voir pour nous donner un coup de main. Et nous nous sommes retrouvés, avec une trentaine de personnes en plus, qui venaient nous aider pour faire les chambres. C’est pour vous dire, des fois, cette cohésion qu’il peut y avoir sur un territoire ». Dix ans plus tard, le Pashmina est toujours au sommet et, pour la deuxième année consécutive, a été élu World’s Best Ski Boutique Hotel 2025 par les World Ski Awards.

UN CHALET D’AMIS, VERSION GRAND LUXE

Le Refuge offre à chaque hôte une expérience personnalisée. La décoration intérieure, imaginée par Aurélie Rey-Arnaud en collaboration avec Stefanie Gorini, donne la sensation d’être invité dans un magnifique chalet chez des amis. Matières naturelles, bois patinés, tissus épais et meubles chinés composent une ambiance chaleureuse, ponctuée de pièces de tradition savoyarde et de souvenirs de voyages.
Dans les parties communes, les clins d’œil à la montagne et au territoire sont partout. De magnifiques photographies en noir et blanc prises par Cédric Gorini, des objets de l’univers montagnard « customisés » comme cette belle idée de disposer ici ou là des skis emballés de délicates bretelles de lingerie fine.
Les chambres Junior Suites, Suites Prestige et Cosy Home offrent de l’espace de la chaleur, des couleurs et de l’élégance. La déco avec des objets chinés, la présence de livres à disposition, cette belle planche de fromages et de charcuterie à disposition avec des noix délicieuses au goût très fin et à la texture croquante font partie des petites attention des plus appréciables.

SEBASTIEN DELÉGLISE : PASSION DESSERT

Ce refuge luxueux offre aussi un des réconforts les plus appréciés après l’effort : de très belles assiettes avec deux restaurants dirigés par le Chef Camille Vallet et le Chef pâtissier Sébastien Deléglise.
Base Camp, avec sa vue sur les sommets et son superbe buffet, propose certes une cuisine d’inspiration alpine, mais pas que. Il nous pose un défi, celui de garder un peu d’appétit pour profiter de la table des desserts élaborés par Sebastien Deléglise, des petits bonheurs célébrant entre autres le chocolat ou les fruits comme ce petit cheesecake aux agrumes aussi bon que joli. Irrésistible. Ce jeune chef est un enfant du pays « 100% savoyard et de la vallée d’à côté à Saint-Jean-de-Maurienne » qui en souriant se qualifie d’un des « dinosaures de l’hôtel » puisque présent depuis l’ouverture du Pashmina.
« Dès le collège, vers 12-13 ans j’avais déjà envie de faire de la cuisine pour me diriger ensuite vers le sucré encouragé par de belles rencontres dont mon professeur de pâtisserie » raconte-t-il. « J’ai fait ses armes auprès dans des restaurants étoilés, et j’ai décroché en 2023 le trophée Passion Dessert décerné par le Guide Michelin et qui récompense les meilleurs desserts des restaurants étoilés ». Un savoir-faire d’autant plus remarquable que la pâtisserie en haute montagne exige une excellente maîtrise. « La plus grosse difficulté, c’est un taux d’humidité qui est très bas et donc tout sèche très vite. » Pas simple à gérer mais le Chef a ses astuces. Avec Inès, sa fidèle collaboratrice, il est en permanence en recherche. Récemment, il s’est penché sur la rissole de Savoie, ce petit chausson de pâte feuilletée farci avec une compote de fruits locaux, qu’il a retravaillé pour l’alléger, le moderniser et le servir avec une glace au sarrasin et un jus de coings réduit avec de l’alcool de pommes « made in Les Hautes Alpes ». Cette année, Sebastien Deléglise a trouvé la bonne formule pour son goûter de l’après midi. Gaufres, gâteaux de Savoie, chocolats chauds, autant de douceurs réconfortantes à déguster installés dans les canapés au coin du feu ou dans le jardin d’hiver.

CAMILLE VALLET, MAGICIEN DES AGRUMES AUX EXPLORATEURS

Le Chef Pâtissier régale aussi de ses desserts les convives du restaurant étoilé du Pashmina, Les Explorateurs, table intimiste d’une trentaine de couverts où officie Camille Vallet, chef de cuisine d’origine auvergnate, en collaboration avec Romuald Fassenet, Meilleur Ouvrier de France.
Nous avons entrepris cette escalade vers des sommets de gastronomie avec ce remarquable Menu Grande Expédition, une ascension en sept temps, sept paliers, sept jolies assiettes. À 32 ans, il a, lui aussi, fait ses armes dans des restaurants étoilés avant de rejoindre la brigade du Pashmina, d’abord comme chef adjoint de Josselin Jeanblanc avant de prendre sa suite il y a deux ans.
Le menu se décline sous l’influence des agrumes : cédrat, citron, orange sanguine, pomelo. « J’ai travaillé avec des chefs qui adoraient les agrumes » raconte Camille. « Et moi, dès que je suis arrivé, comme dans de nombreuses cuisines, dès que tu mets de l’agrume, ça fait du bien. L’acidité, l’amertume, ça relève les goûts aussi, ça casse aussi le gras, cela fonctionne très bien ce mélange avec les produits alpins, les produits locaux et les agrumes ».
Nous retiendrons cette très belle truite marinée et flambée, avec du fenouil et une sauce à l’oseille et cédrat mais surtout cette magnifique Péla du Piémont au citron confit. Un véritable petit sommet à lui tout seul.
Camille Vallet a repris la base de ce plat savoyard, des pommes de terre avec de la crème et du fromage, et l’a transformée en un très joli jeu de texture. Une chips de fromage fondu croustillante à souhait à casser avec sa cuillère pour découvrir les pommes de terre fondantes, une émulsion de reblochon et le citron confit dans un équilibre subtil, un parfait fil de crête.
Le guide suprême dans cette « grande expédition » gastronomique est le sommelier Julien Dubois, attentif et passionné. Sa proposition pour accompagner La Péla d’un verre de La Bergerie, Domaine du Gringet, vin blanc de Savoie avec sa forte identité minérale, était parfaite.

LE RÉCONFORT AUSSI SUR LES PISTES

Si nous avons pu profiter de la terrasse ensoleillée du Base Camp sous un ciel d’un bleu intense, une météo moins clémente nous a aussi permis d’apprécier au mieux le Chalet de la Marine, annexe gourmande située sur les pistes sur laquelle veille Arnaud Guerini. Déchausser et entrer dans cet établissement chaleureux, alors que dehors il neige abondamment, est un vrai bon moment.
Les clients desservent leurs chaussures, se réchauffent et se mettent en appétit après une matinée de ski. Pot au feu au foie gras, tagliatelles fraîches au pesto de pistache et burrata… La carte, élaborée par la cheffe Mathilde Mattera, aligne les plats gastronomiques tous aussi tentants les uns que les autres. Son Mont d’Or chaud avec sa saucisse de Montbéliard est la meilleure définition du mot « réconfort ».

VAL THORENS LE PLUS GRAND DOMAINE SKIABLE DU MONDE

Coté pistes, Val Thorens est un paradis pour les skieurs et les amateurs de la montagne. Une référence incontestée du ski international. Perchée à 2300 mètres d’altitude, elle a été sacrée pour la neuvième fois, « Meilleure station de ski de France et du Monde 2025 » lors des World Ski Awards.
Anne-Laure Deves de l’Office du Tourisme de Val Thorens, arrivée il y a quatre ans dans la station, a tout de suite été conquise. « C’est une station festive, accueillante avec une clientèle variée : des jeunes des groupes des familles, des personnes plus aisées mais qui ont tous quelque chose en commun, ils viennent pour faire du ski. Le domaine des trois vallées où nous sommes implantés est le plus grand domaine skiable du monde avec 600 km de piste et des forfaits adaptés aux envies et aux niveaux de chacun du fait de la multitude des pistes. On peut venir skier ici même si on est un senior ». « Autre particularité intéressante, Val Thorens est une station ski « au pied ». Où que l’on réside, à aucun moment nous ne devons prendre une navette pour arriver sur les pistes. Et quelle que soit l’heure, vous n’attendrez jamais plus de dix minutes aux remontées mécaniques », précise Anne Laure Deves. L’Office du Tourisme peut également indiquer aux touristes les nombreuses balades et randonnées à faire dans la station, en traîneau, à chiens, en luge ou encore en raquettes.
L’hôtel Pashmina a fermé ses portes et ne rouvrira qu’à l’hiver prochain quand la montagne sera de nouveau enneigée et prête a accueillir les skieurs. Notre conseil est donc de vite réserver pour avoir le privilège de profiter de ce beau refuge élégant, chaleureux, familial, accueillant avec ses chambres, ses adresses gourmandes, ses espaces de bien être. Un cocon de voluptés et de délectations au cœur des sommets alpins.

Hôtel Pashmina Le Refuge***** Val Thorens, 141 Rue des Dalles, 73440 Les Belleville. Tél. : 04 79 00 09 99.

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