Du 8 au 11 mai 2025, Taste of Paris a remis le couvert pour faire découvrir à un public de fidèles foodistas le meilleur de la gastronomie française. Au menu, animations immersives, masterclass, cours de cuisine, restaurants éphémères….
Depuis 2015 (sauf en 2020 et en 2024, deux années sans édition pour cause de covid et de Jeux Olympiques), le festival culinaire Taste of Paris fait carton plein à chaque printemps. Le concept, né des Taste Festivals à travers le monde dont la 1ère édition Taste of London fut créée en 2004, a réussi à capter le public et attire chaque année près de 30000 visiteurs, jauge maximale d’accueil, sous la verrière du Grand Palais à Paris. L’idée de Taste of Paris ? Démocratiser la haute cuisine en rassemblant pendant quatre jours l’excellence de la scène culinaire française et internationale et permettre au grand public de goûter aux plats signatures des plus grands chefs, servis en format dégustation. Un rêve accessible au plus grand nombre donc.
Ce festival Taste of Paris, au faîte des tendances culinaires actuelles et vitrine promotionnelle des chefs, se veut également aujourd’hui le chantre de la cuisine éco-responsable.

Matthias Giroud et Denny Imbroisi ont animé un accord met et cocktail sans alcool sur le stand de Badoit.
TASTE OF PARIS : UN MARATHON DES PAPILLES
Le principe de Taste of Paris est donc des plus simples. Les visiteurs naviguent de stand en stand pour découvrir la diversité de saveurs et de styles culinaires, de la gastronomie étoilée à la cuisine du monde – cette année l’Arabie Saoudite avait mis les bouchées doubles -, en passant par des options végétariennes et des desserts raffinés. Des dizaines de toques de renom, dont Top Chef semble être un véritable vivier, chefs étoilés, de palaces, de bistrots créatifs et de pâtisseries d’exception, répondent chaque année à l’appel et proposent une sélection de leurs recettes emblématiques. Seul bémol pour passer commande : l’attente souvent longue, voire très longue… Cette année, il fallait s’armer de patience pour atteindre les comptoirs de commande, même si le service a été très efficace, notamment grâce aux élèves de Ferrandi en grand renfort. Pour cette édition Taste of Paris 2025, ils étaient presque 80 chefs, soit avec leur restaurant éphémère soit pour animer des démonstrations.
En marge de son restaurant Ischia, Denny Imbroisi, avec sa jovialité habituelle, avait préparé une Burrata crémeuse des Pouilles délicatement assaisonnée et agrémentée de caviar et de pickles sur le stand Badoit. Pour l’accompagner, Matthias Giroud, co-fondateur de L’Alchimiste Group, avait, quant à lui, élaboré un mocktail à base de Badoit verte, d’une infusion au concombre et basilic, d’une eau de tomate fraîche et d’un jus de citron. Une boisson rafraîchissante qui s’accordait délicieusement à la recette de Denny.
UN PARCOURS GUSTATIF ENTRE TRADITION ET CRÉATIVITÉ
Pierre Sang, chef français d’origine coréenne, a signé une version étonnante (pour les habitués des restaurants coréens parisiens) et absolument fabuleuse du bibimbap, l’un de ses plats préférés (et des nôtres également!). Sa déclinaison de cet incontournable recette coréenne faisait la part belle aux légumes de saison. Mélangeant du riz, du quinoa et des lentilles vertes du Puy, son bibimbap était nappé d’une sauce au curry à la coréenne et d’un délicieux gochujang aux doux accents à la fois salés, sucrés, épicés, fumés et umami, coiffé d’un œuf parfait, de petits choux-fleurs violets croquants à souhait et d’asperges vertes cuites à la perfection (10€). Des petits pois séchés apportaient une autre nuance croquante. Absolument fabuleux ! Ses lentilles vertes du Puy en ragoût au kimchi, ciboulette, pickles de chou et graines de moutarde, chips de riz (7€) étaient également à tester.
Christophe Raoux, chef du Royal Champagne Hotel & Spa à Champillon, a livré quelques-uns des ses plats signatures comme cette raviole de homard breton, basilic, gingembre, nuage de citronnelle (13€) ou une Volaille de la Marne cuite doucement (10€). Présentée sous forme de médaillon, cette viande révélait toute la tendreté et la finesse d’une cuisson parfaitement maîtrisée, sublimée par la fraîcheur des asperges et la délicatesse de la sauce au champagne, signature d’une cuisine à la fois sincère, généreuse et profondément ancrée dans le terroir champenois. Pour finir en beauté, une Crème crue à la vanille de Tahiti sublimée par un condiment au persil frais, un coulis de fraise façon confiture et une délicate gaufrette feuilletée, offrait un équilibre parfait entre fraîcheur, douceur et croustillant (8€).
Du côté de Yannick Alléno et Aurélien Rivoire, les dégustations étaient bien naturellement 100 % sucrées. Leur duo qui incarne une nouvelle vision du chocolat, à la croisée de la haute cuisine et de la pâtisserie contemporaine et dont l’ambition est de réinventer le chocolat en alliant savoir-faire gastronomique et approche santé, ont imaginé un dessert exquis. Leur Feuille à feuille de chocolat, le cacao comme un fruit (9€) révélait un intense chocolat sublimé par une douce note acidulée du mucilage du cacao.
Parmi les autres délices du festival, le Pâté en croûte bouillabaisse, homard et poulpe (12€) de Gilles et Nicolas Vérot pour le restaurant Les Halles Métro x Tout le monde contre le cancer, l’étonnante Brioche perdue, caviar, tarama et livèche (10€) de Stéphanie Le Quellec ou encore les excellents Fusilloni, gambero rosso de Mazara Del Vallo et langouste (13€) du chef Niko Romito, triplement étoilé dans les Abruzzes pour le restaurant Bvlgari Hotel Il Ristorante.
- Nina Métayer
- Amandine Chaignot

Feuilleté girolles, foie gras et confit de sauge par Amandine Chaignot au premier plan. À l’arrière plan, feuilleté fraises-rhubarbe par Nina Métayer.
QUAND LE BEURRE D’EXCEPTION INSPIRE LA BOULANGERIE DE DEMAIN
Dans l’ensemble des masterclass quotidiennes, celle animée par L’AOP Beurre Charentes-Poitou était incontournable et passionnante. Aux côtés de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française représentée par Dominique Anract, son Président, Christophe Limoges, Président du Syndicat des Laiteries Charentes-Poitou et Laurent Chupin, Directeur du Syndicat des Laiteries Charentes-Poitou, l’appellation avait organisé cette masterclass autour de ce produit d’exception et des nouvelles tendances de consommation de la boulangerie. Une initiative qui explorait le futur de la restauration boulangère au sein du défit inédit, le Croissant Snacking Show, de cuisiner à partir d’une pâte levée feuilletée. Pour faire le show justement, deux cheffes étaient au piano sur le podium. Amandine Chaignot, Cheffe des restaurants Pouliche Paris, Café de Luce Montmartre, Rosy et Marie, Népita et Sauge auberge dans le Perche a travaillé une version salée de cette pâte, un feuilleté de girolles au foie gras et confit de sauge, tandis que Nina Métayer, meilleure cheffe Pâtissière Mondiale 2023 et World’s Best Pastry Chef 2024, a exploré un mariage avec des fruits de saison. Son feuilleté fraises-rhubarbe et fleurs de sureau était absolument divin, la rhubarbe et la fraise, parfaites et bien sucrées !
- Jackson Jean Marie
- Méli-melo de fruits de mer
SAINT-MARTIN FAIT VIBRER TASTE OF PARIS AUX COULEURS DES TROPIQUES
Autre masterclass très remarquée, celle de Saint-Matin ! Galvanisé par Loic Bailey de Télématin, le Chef Jackson Jean Marie a mis une ambiance d’enfer, dans cet espace dédié du festival, allant jusqu’à faire danser les spectateurs ! Plus sérieusement, il avait préparé pour le public une recette, mélangeant produits de la mer et de la terre, qui les a fait voyager. La chaleur tropicale sous la verrière du Grand Palais était un petit plus non négligeable pour cette téléportation sous les tropiques. Lors de cette démonstration culinaire de 30 minutes, le Chef Jackson Jean Marie a dévoilé la recette (un méli-melo de fruits de mer nappé d’une réduction au guavaberry de Saint-Martin accompagné de moules au lait de coco et curry) qui lui a valu l’année dernier la victoire au Festival de la gastronomie de Saint-Martin. Ce festival culinaire – dont l’ingrédient phare sera cette année le fruit de la passion -, prouve par la même occasion que ce petit bout de territoire français, moins connu que d’autres îles francophones, peut se targuer d’être la Capitale Gastronomique des Caraïbes.
LES MENUS EXCLUSIFS D’AIR FRANCE AU GRAND PALAIS
Taste of Paris, ce sont aussi les restaurants éphémères. Depuis 2016, Air France, entre-autres, propose aux festivaliers des menus comme s’ils étaient à 35000 pieds. Lors du Taste of Paris, la compagnie française met en avant ses menus signatures servis à bord de ses vols long-courriers, élaborés par pas moins de dix-sept chefs. La compagnie sert 85000 repas par jour, dont 100 repas dans la cabine La Première et 4000 pour la Business.
Le soir de l’inauguration, Régis Marcon, chef trois étoiles qui signera tous les plats Business au départ de Paris dès juin 2025, et Nina Métayer, créatrice des desserts Business, se sont relayés pour faire déguster aux 8 convives de chaque session (19€) leurs créations exclusives.
« En vol, le challenge, c’est d’arriver à trouver un bon compromis entre un plat goûteux et surtout une texture agréable. Les plats sont réchauffés. Il faut donc composer avec cette contrainte. Nous avons beaucoup travaillé les cuissons et les sauces. Les viandes de 2ème (parties antérieures, épaule et côtes, ndlr) et de 3ème catégorie (poitrine, abdomen et extrémités des membres, ndlr) sont braisées. Elles contiennent beaucoup de collagène, ce qui donne en finalité quelque chose de très mœlleux » a expliqué Régis Marcon.
Dans cette nouvelle recette, le veau, notamment la partie qui s’appelle le flanchet, a été cuit comme une blanquette sous vide. « Le sous vide amène beaucoup plus de jutosité, plus de justesse de cuisson. En plus, comme la viande est cuite assez longtemps, à 68°C, ses protéines de collagène vont se dissoudre et la rendre très fondante ». Deuxième élément important de la recette, la sauce… « Une sauce apporte plus de goût ». Les morilles étaient à l’honneur. Ces champignons, sélectionnés en format miniature pour cette recette, sont glanées sous les ronces. Autant dire un produit absolument exceptionnel, plus cher également car plus difficile à cueillir. Le petit épeautre accompagnait le plat. Une légumineuse qui séduit visiblement les chefs collaborant avec Air France, puisqu’elle avait déjà brillé l’année dernière dans une recette imaginée par Amandine Chaignot.
NINA MÉTAYER, CRÉATRICE DE DOUCEURS RÉGRESSIVES POUR LES MENUS BUSINESS
Nina Métayer, quant à elle, voulait proposer un dessert qui aille à l’essentiel. Alors que c’est une version d’entremets à la framboise qui est servie sur les vols, ce soir là elle a opté pour un dessert totalement régressif et consensuel au chocolat avec une mousse au caramel. « C’est une édition très réconfortante sans trop de chocolat. Le chocolat, c’est compliqué, ça peut être extrêmement clivant aussi. J’avais envie que même les personnes qui n’aiment pas le chocolat soient conquis par ce dessert ».
Air France a aussi imaginé des vidéos explicatives des chefs pour optimiser le réchauffage des plats et réaliser un service parfait des desserts, en les sortant à température ambiance quelques minutes avant. Les autres chefs de cette édition étaient Olivier Perret, chef à Montréal, élaborant les menus Business au départ du Canada et François Adamski (Corporate chef Servair, Bocuse d’Or et Meilleur Ouvrier de France, responsable de recettes en cabine Premium qui a présenté les recettes de Frédéric Simonin. Ce chef étoilé signe des plats pour la cabine Premium Economy sur les vols long-courriers au départ de Paris depuis 2023.
Billet liberté avec un accès au festival pour une session au choix à partir de 30€. Billet daté à partir de 23€. Billet VIP avec un accès privilégié au festival et au VIP Lounge à partir de 60€.










