Au détour d’une rue de Paris, la devanture verte de la petite boutique À La Mère De Famille contraste avec les autres commerces des alentours. En poussant la porte, on se retrouve projeté dans un conte pour enfants tant l’univers des lieux est féérique et magique. Bonbons, chocolats, gâteaux envahissent les rayons qui n’ont pas changé depuis 100 ans.

Quand on pousse la porte de cette boutique, le retour en enfance et ses plus tendres moments ne sont pas loin. Quelque soit l’âge du client, chaque pas à l’intérieur de ce royaume magique, équivaut à une découverte gourmande. Ici des calissons d’Aix ou des guimauves artisanales, là des roudoudous ou des Négus de Nevers, là-bas des Folies de l’Écureuil ou des Palets de Montmartre… On ne sait plus où donner de la tête tant les douceurs d’antan sont nombreuses et à croquer. Il faut dire qu’ici on frôle parfois les 1500 références dont certaines disparaissent du catalogue comme un arrache cœur dans l’unique but de renouveler un peu les confiseries proposées et de satisfaire pleinement les gourmands de toutes les générations. Ce paradis a le pouvoir fantastique de rassembler les générations, voire de les réconcilier car depuis 250 ans, les propriétaires de la boutique À La Mère De Famille qui se sont succédé ont assisté à de nombreuses scènes de rapprochement familial. Une des plus anciennes clientes venait déjà, il y a… Par respect pour son âge, nous dirons simplement qu’autrefois elle accompagnait déjà sa grand-mère dans l’achat de ses confiseries et gourmandises chocolatées. Les clients sont non seulement de tout âge mais aussi de toutes régions du globe. Certains viennent de très loin. Et pour cause, cette confiserie, qui est l’un des seul magasin de Paris à avoir conservé son activité historique, propose des centaines de délices au m2. Vous souhaitez manger les meilleurs marrons glacés de Paris voire de l’hexagone ? C’est là et pas ailleurs qu’il faut aller. Délicatement fondants dans la bouche, sucrés juste ce qu’il faut, ils méritent véritablement leur réputation.

Chocolats, pains d’épice et cakes maison font le bonheur de tous les gourmands qui poussent la porte de la boutique.

CRÉATIVITÉ ET MAÎTRISE DES MÉTIERS

À La Mère De Famille possède plusieurs atouts et non des moindres. Tout d’abord sa première particularité est de fabriquer bon nombre de références qu’elle propose dans son catalogue. L’avantage en est la maîtrise des différents métiers –confiserie, chocolaterie, pâtisserie- qui permettent d’obtenir la meilleure qualité pour ces produits. La Maison, possède une véritable force grâce à la créativité et la recherche de nouveautés qui se fait pour chaque rendez-vous gourmet de l’année. Noël, Saint-Valentin, Pâques… Tout est prétexte à créer de nouveaux produits originaux et souvent plein d’humour. Il suffit d’écouter les noms des nombreuses douceurs ou de regarder les formes pour en être persuadé. Pour Pâques, on trouvera dans les rayons le Neuf de Pâques, la Cocotte dans une cocotte en chocolat et l’Œuf sur le plat… L’autre force de la marque est sans conteste l’esprit, résolument jeune et passionné, qui domine les lieux. Même si c’est le patriarche de la maison, Étienne Dolfi, qui mène les rênes plus particulièrement les rênes financières depuis qu’il a repris la boutique en 2001, l’équipe de direction et de création à la tête de la société ne dépasse pas les 35 ans. Les deux co-directeurs généraux, Jane Dolfi et le prolixe Steve Dolfi allient leurs talents à ceux du très jeune chef pâtissier qui office à leurs côtés, Julien Merceron. À tout juste 23 ans, il a déjà plusieurs années d’expérience à son actif et tout particulièrement dans l’entreprise À La Mère De Famille. Après avoir travaillé à Tours et à Biarritz, le voici prêt à conquérir les gourmands de la capitale.

À LA MÈRE DE FAMILLE, UNE HISTOIRE FASCINANTE

Si À La Mère De Famille est un lieu qui a vu se suivre les générations, les dirigeants de cette confiserie se suivent et se ressemblent également. Depuis 1761, date à laquelle un certain Pierre Jean Bernard décide d’y installer son épicerie, l’histoire semble se répéter délicieusement et donne un côté magique à l’endroit. Ancien compagnon, il fait rapidement fructifier son affaire grâce à l’expansion et la modernisation du quartier qui n’était auparavant qu’une banlieue parisienne implantée de guinguettes et de bals populaires. La Maison Bernard vendait déjà à l’époque des produits comme les dragées, les confitures et autres sucreries. En 1791, Jeanne la deuxième fille du couple Bernard, reprend avec son époux Jean-Marie Bridault -fils d’une grande famille d’épiciers- la boutique de son père, qui prend alors le nom de Maison Bridault. Les confiseries sont en pleine mutation et ce qui n’était qu’un plaisir aristocratique se démocratise. Le peuple veut aussi goûter aux friandises sucrées et la Maison Bridault veut prendre part à cette révolution gastronomique. Malheureusement le destin de la famille Bridault se brise avec la mort prématurée de Jeanne Bridault et de ses deux plus jeunes filles. Loin de sombrer dans le désespoir, Jean-Marie Bridault se remarie avec la jeune et belle Marie Adélaïde qui devient désormais le pilier de la Maison Bridault. C’est à cette époque que la plus incroyable légende concernant la boutique du 35 faubourg Montmartre pose les fondations de l’atmosphère mystérieuse planant encore aujourd’hui dans les recoins de la boutique. On murmure qu’une religieuse d’un couvent voisin aurait trouvé refuge dans les caves de la boutique. Accusée de sorcellerie, elle cherchait à fuir la vindicte populaire. Son pêché fut la fabrication d’un élixir qui guérissait les yeux. Pour remercier la famille Bridault de l’avoir caché, elle leur offrit la formule de ce remède, perdu depuis, dans les affres de la seconde guerre mondiale. En 1807, Marie Adélaïde Bridault se retrouve veuve et seule avec ses quatre enfants. La Maison Bridault devient alors la Maison de la veuve Bridault. S’entourant des meilleurs fournisseurs et apprentis, et grâce à son travail et son acharnement, elle développe et fait fructifier son affaire. La consécration arrive grâce à un critique gastronomique de l’époque, Alexandre Balthazar Grimod de la Reynière, qui secrètement amoureux de la veuve ne tarit pas d’éloge à l’égard des gourmandises qui se vendent dans la boutique.

À La Mère De Famille est véritablement une histoire de passion plus que de raison. Toutes les familles qui se sont succédées à sa direction y ont consacré leur vie entière…

En 1825, Ferdinand, le fils ainé de Jean-Marie et Marie Adélaïde reprend avec son épouse -la petite fille du fondateur de la boutique- l’affaire familiale. Le quartier a changé, les artistes et la bourgeoisie ont remplacé l’aristocratie qui vivait là. Désormais c’est un esprit plus « village » et moins guindé qui règne dans les environs. De 1850 à 1895, les filles Bridault confient la boutique successivement à plusieurs confiseurs de métiers. L’ancienne épicerie devient une confiserie moderne, véritable institution du quartier. La boutique, axant son activité vers la biscuiterie, est alors l’un des tout premiers point de distribution du Petit Beurre LU. En 1895, c’est un certain Georges Lecœur qui rachète la boutique après avoir attendu de nombreuses années qu’elle soit à vendre. Il la rénove entièrement et la modernise à l’extrême pour l’époque : téléphone, produits du monde entier, publicités… La boutique a gardé les transformations de 1895. Le bâtiment à été classé. Succédera à Georges Lecoeur, son apprenti devenu par la suite son ami, Régis Dreux. Les quelques propriétaires qui ont suivi -les Legrand, les Brethonneau, Serge Neveu- ont toujours eu le point commun de vouloir offrir à leur clientèle, des produits d’excellente qualité et de préserver l’identité architecturale de cette boutique atypique. Les fournisseurs ont toujours été triés sur le volet et ont permis d’assoir la réputation de l’établissement.

L’HEURE EST À L’EXPANSION

À La Mère De Famille poursuit le dessein qui est le sien. La tradition familiale, secret de sa longévité, est le fil rouge entre tous les propriétaires qui se sont succédés depuis bientôt 250 ans. Des familles souvent nombreuses qui avec beaucoup de rigueur, de travail et de créativité ont su préserver la magie entourant les lieux et garantir des produits toujours délicieux. L’heure est à l’ère internet avec le développement du site et à l’expansion Paris intra-muros, la marque comptant désormais dix points de vente aux quatre coins de la capitale. À quand l’international pour que tous les gourmands du monde puissent se régaler ?

TOUS LES POINTS DE VENTE À LA MÈRE DE FAMILLE

À La Mère De Famille – Boutique historique 35 rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. Tél. : 01 47 70 83 69. www.lameredefamille.com. Renseignements lecteurs : 01 47 70 83 69. 33, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. Le Printemps de la Maison 64 boulevard Haussmann, 75009 Paris. Tél. : 01 42 82 49 56. ALMDF Paris 2 ème 82, rue Montorgueil. Tél. : 01 53 40 82 78. ALMDF Paris 6 ème 39, rue du Cherche Midi. Tél. : 01 42 22 49 99. ALMDF PARIS 7 ème 47, rue Cler. Tél. : 01 45 55 29 74. ALMDF Paris 16 ème 59, rue de la Pompe. Tél. : 01 45 04 73 19. ALMDF Paris 17 ème 107, rue Jouffroy d’Abbans. Tél. : 01 47 63 15 15 et 30, rue Legendre. Tél. : 01 47 63 52 94. ALMDF Saint-Maur 7, avenue Charles de Gaulle, 94100 Saint-Maur.