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N’est pas monoï qui veut. On connaît à tort le monoï comme huile à bronzer. La tradition polynésienne l’utilise plutôt comme une véritable huile à tout faire pour la beauté et le bien-être. Évocatrice de contrées lointaines ou de vacances paradisiaques, elle possède de nombreuses vertus prouvées, tant et si bien qu’aujourd’hui de nombreux fabricants de cosmétiques l’intègrent dans leurs produits. Monoï, mode d’emploi…

Kesako ? Le monoï signifie en reo maohi (langue vernaculaire de Tahiti et de la Polynésie Française) « huile de coco parfumée avec des fleurs ». Certains le traduise par « huile parfumée », « onguent » ou encore « huile sacrée ». La magie de ce cosmétique tient peut-être dans le fait qu’on ignore totalement à quel moment il a été crée, ni même l’auteur de ce subtil mélange. Le mystère de sa création permet d’entretenir le mythe… Pour obtenir du monoï il faut faire macérer durant 10 jours des fleurs de Tiaré (Gardenia Tahitensis) dans de l’huile de coprah obtenue préalablement en faisant sécher puis en râpant des noix de coco germées. Les fleurs sont toujours cueillies à la fraîche entre 4h et 9h du matin. Seules les meilleures seront gardées pour fabriquer le monoï (au plus tard le lendemain de la cueillette). Les proportions sont toujours de dix fleurs de tiaré minimum pour 1 litre d’huile de coprah. Autrefois (et encore aujourd’hui dans la fabrication artisanale) on faisait fermenter le mélange avec l’adjonction un crustacé écrasé (de type Bernard l’ermite ou crabe) pour éviter le rancissement du produit. Aujourd’hui les protocoles sont moins artisanaux. Du moins dans l’industrie car il existe autant de monoï que de familles polynésiennes. Chacune a sa propre recette. En industrie, pas de crabe ou autre bébête écrasée mais le reste de la fabrication demeure inchangée. L’huile parfumée est ensuite filtrée avant d’être conditionnée.

Comment l’utiliser ? Sur la peau et les cheveux pour les hydrater. En soin capillaire, il s’emploie comme un masque. Imprégnez votre chevelure abondamment, laissez poser toute la nuit (si possible avec une serviette autour) et shampooinez le matin. Chevelure de rêve garantie. Il s’utilise aussi comme huile de massage pour les adultes et les enfants. Le monoï ne contient aucun filtre solaire, donc ne jamais l’utiliser comme huile à bronzer. Il peut vous protéger du vent, du froid, du chlore, de la sécheresse et du sel marin mais pas du soleil ! Quelques gouttes de monoï dans le bain suffisent à créer une ambiance magique et une détente totale !

Ses vertus… Elles sont nombreuses et plusieurs études ont été réalisées afin de confirmer ces bienfaits et de le comparer à d’autres produits réunissant les mêmes qualités entre autres hydratantes (vaseline, huile de jojoba, beurre de karité). Globalement le monoï est très hydratant, émollient, apaisant, assainissant, lubrificateur et protecteur. Possédant un effet filmogène qui renforce la barrière naturelle de la couche cornée de la peau, il aide cette dernière à lutter contre le stress oxydatif du aux rayons UV et la pollution. Il rééquilibre aussi le PH et l’acidité de la peau. En outre il hydrate, diminue les micro-reliefs cutanés et protège la peau. Appliqué avant une lotion solaire, il permet un bronzage uniforme. C’est aussi un excellant anti-vergetures naturel même si les marques n’évoquent jamais ce bienfait dans leurs discours marketing. Sur les cheveux, il a des effets réparateurs et antipelliculaires.

Comment le choisir ? Depuis 1992, il possède l’Appellation d’Origine. Un produit dit « monoï » doit donc afficher un petit logo « monoï de Tahiti, Appellation d’Origine » qui garantit le mode fabrication et la provenance. Si votre produit est fabriqué ailleurs qu’à Tahiti, ce n’est pas du véritable monoï même si ce dernier en a la couleur et l’odeur. De même le « vrai » monoï doit contenir au minimum 90% de produit brut. La différence avec le 100% étant due à l’ajout de parfums ou de filtres solaires. En dessous, c’est un produit « au monoï », une « huile au monoï », mais pas du monoï pur. Les consommatrices sont souvent surprises lorsque le produit se fige sous les 20-24 degrés. Pas de panique, c’est tout à fait normal et cela garantit au contraire la qualité et la provenance du produit !

Copyright de la photo : Maeva Destombes