Au cœur du Tyrol, le district d’Innsbruck-Land bénéficie d’une situation unique. Entre montagnes vertigineuses et cité médiévale au cœur de la ville éponyme, elle se vit à fond été comme hiver.

Les nombreuses montagnes entre lesquelles les avions doivent naviguer donnent le ton ! Il y aurait plus de 500 sommets dont certains se dressent au delà de 3000 mètres d’altitude. Les « montagnes russes » pourraient avoir tiré leur nom de cette traversée épique parfois très agitée. La ville d’Innsbruck est délicatement nichée entre ces géants aux sommets enneigés. Cette ville pittoresque et émouvante, presque d’un autre temps, qui culmine à 570 mètres, est officiellement née en 1239 mais la zone est vraisemblablement habitée depuis l’âge de pierre. C’est dans cette région, côté Italie, qu’a été découverte la célèbre momie Ötzi. Le pont de Innsbruck (Brücke en allemand) qui traverse la seule rivière des Préalpes orientales septentrionales et méridionales et des Alpes orientales centrales a lui été construit en 1180. Il permet de joindre les deux rives de la Inn. L’une d’elles attire tous les touristes du monde entier avec son quartier de Mariahilf et ses jolies maisons colorées.

UNE ARCHITECTURE ENTRE MODERNITÉ ET TRADITION

Mais la ville regorge de nombreux autres trésors. L’un des plus impressionnant est sans nul doute le Petit Toit de style gothique qui malgré les apparences n’est pas entièrement en or. La matière de ses 2657 tuiles est composée de cuivre doré à l‘or fin. Ses peintures murales sont exceptionnelles de beauté. À l’intérieur, il abrite un petit musée (4,80€) dédié à Maximilien 1er. Parmi les objets à admirer se trouve le masque mortuaire de l’Empereur. Situé au bout de la rue Friedrich Strasse, le Petit Toit d’or, édifié au 16e siècle sur ordre du souverain, est visible de la longue rue commerçante Maria-Theresien-Strasse. Bordée de bâtiments historiques, elle est un véritable mélange d’architecture moderne et traditionnelle et offre également une perspective sur Innsbruck et les montagnes en arrière plan. À coté du petit toit, jouxtant l’ancien hôtel de ville, le beffroi d’une hauteur de 51 mètres possède 148 marches pour atteindre sa plateforme panoramique à 360°C. Un magnifique spectacle en hauteur sur le Tyrol et la ville ! Édifié entre 1442 et 1450, durant le moyen âge, le beffroi servait à guetter les dangers venant de l’extérieur ou à donner l’alerte en cas d’incendie.

GRASSMAYR, UNE DYNASTIE DE FONDEURS DE CLOCHES

Au croisement de la rue Egger-Lienz-Strasse et Leopoldstrasse, une maison d’un jaune pétant attire l’attention. La fonderie de cloches Grassmayr est une entreprise très ancienne et familiale dont le savoir-faire se transmet depuis 14 générations. Créée en 1599 – date à laquelle Bartlme Grassmayr a coulé sa première cloche dans la fonderie de son père – de nombreuses cloches pour des monuments du monde entier sont sorties de ses ateliers de fabrication. La plus impressionnante ? Peut-être celle d’un monastère orthodoxe sur le Mont Thabor. Elle afficherait 15684 kg sur la balance ! La plus ancienne cloche – coulée en 1635 – de la fonderie Grassmayr encore fonctionnelle se trouve à Natz, près de Brixen, dans le sud tyrolien, en Italie. Toutes les cloches commandées ne sont coulées qu’une fois par mois dans l’atelier de Grassmayr. Après avoir déterminé la note de la cloche, tout commence par des exquises. L’épaisseur des parois de la cloche est dessiné sur un gabarit grâce à un calcul très précis hérité de l’expérience ancestrale associée aux techniques modernes. Des moules d’argile sont ensuite modelés dans la salle de fonderie puis les cloches sont coulées afin de devenir des instruments de musique au son parfait. Le four affiche 1150 degrés. Prières et silence accompagnent chaque coulée. La philosophie Grassmayr a toujours été de créer des œuvres d’art mêlant esthétisme sonore et visuel.

INNSBRUCK, UNE RÉGION TOURNÉE VERS LES PLAISIRS DE LA MONTAGNE

Compte tenu de sa situation géographique et topologique, le Tyrol est intrinsèquement lié à l’hiver et aux sports praticables durant cette période. Tout naturellement, Innsbruck a reçu à deux reprises les Jeux Olympiques d’hiver. Sur le tremplin de Bergisel, de nombreux sportifs se sont élancés en quête d’une médaille et d’un titre pour la discipline du saut à skis… Aux jeux olympiques de 1964, les trois médailles (or, argent, bronze) de saut à skis se partagèrent entre les Finlandais et les Norvégiens. Aux jeux d’hiver de 1976, les Russes furent les grands gagnants de l’édition avec 27 médailles dont 13 en or largement devant les Allemands, détenteurs de 19 médailles dont 7 en or. Il n’est rare de voir des skieurs s’entrainer sur ce tremplin créé en 1920, inauguré en 1930 puis restauré en 1964 et en 2002 par Zaha Hadid. La montagne se vit également à 2000 mètres d’altitude avec une vue exceptionnelle sur les Karwendel, la plus grande réserve naturelle d’Autriche. Facile d’accès, il faut d’abord prendre le funiculaire de la Nordkette. Impossible de rater l’accès au funiculaire. Des ailes de papillons en mutation ? Un hybride organique ? Non des stations inspirées des glaciers et créées elles aussi par l’architecte iraquienne Zaha Hadid. À la station Hungerburg, il faut emprunter le téléphérique. En quelques minutes, le sommet est atteint. Hafelekar, tout le monde descend ! Panorama époustouflant garanti !

MIEMING, UN GRAND BOL D’OXYGÈNE AU CŒUR D’UNE NATURE PRÉSERVÉE

À une quarantaine de minutes en voiture du centre de Innsbruck, le Plateau de Mieming qui connaît 2000 heures d’ensoleillement par an est une région bucolique offrant un nombre incalculable de sentiers de randonnée adaptés à tous, à pratiquer à pied ou en vélo (électrique oblige !). Entre forêts de mélèzes, tourbières et prairies verdoyantes, la nature est reine. Avec patience et humilité, il n’est pas rare d’apercevoir des animaux. Sauvages ou domestiqués, ils se laissent admirer sans crainte. Sur le plateau, la visite culturelle est sans nul doute l’abbaye cistercienne de Stams. Visible de loin grâce à ses deux imposants clochers à bulbes, son monastère a été construit en 1273. Les clochers quant à eux datent de 1650 et 1750. L’intérieur de l’église est somptueux mais chargé. Impressionnantes fresques au plafond, crypte princière, chaire opulente, stucs sculptés, dorures omniprésentes, squelettes en apparat dans des vitrines et grilles forgées donnent un style rococo qui tranche avec l’austérité extérieur. Le musée présente un large éventail d’objets théologiques et liturgiques. Non loin de là à Obsteig, le Landhotel Stern est le lieu privilégié pour une halte écolo et reposante. Cet hôtel familial récompensé du Label Environnemental par le gouvernement autrichien a été élu 1er hôtel du Tyrol pour sa gestion écologique durable. Détenu par René Föger et sa famille, est pourtant un établissement vieux de 500 ans. De nombreuses activités encadrées sont proposées pour les enfants ou aux familles comme la cueillette d’ingrédients sauvages à cuisiner ensuite lors d’un atelier ludique. Une visite du jardin de curé avec Elfi s’impose pour apprendre à reconnaître toutes les herbes aromatiques qui y poussent. Des plantes, à déguster associées à des produits de saison toujours frais et locavores dans les merveilleuses recettes de Jurij et Nadine.

INFOS PRATIQUES SUR INNSBRUCK-LAND

SÉJOURNER : Hôtel Stage 12, Maria-Theresien-Straße 12, 6020 Innsbruck. Tél.: + 43 512 312312. www.stage12.at. Landhotel Stern Unterstrass 253, 6416 Obsteig am Mieminger Plateau. www.hotelstern.at. MANGER : Restaurant aDLERS. Apéritif et dîner avec vue sur la ville d’Innsbruck. Brunecker Straße 1, 6020 Innsbruck. Tél.: +43.512.563100. www.adlers-innsbruck.com. Restaurant 1809, Bergiselweg 3, 6020 Innsbruck. www.bergisel.info. Restaurant Zum Wilden Mann Römer Straße 12, 6072 Lans. www.wildermann-lans.at. SE DÉPLACER : Téléphérique Nordkettenbahn, station « Congress » Innsbrucker Nordkettenbahnen, Kongress, Rennweg 3, 6020 Innsbruck. VISITER : Fonderie de cloches Grassmayr Leopoldstraße 53, 6020 Innsbruck. Tél.: +43.512.59416. www.grassmayr.at. Tremplin à ski de Bergisel Bergiselweg 3, 6020 Innsbruck. Tél.: +43.512.589-259. www.bergisel.info. Abbaye de Stams, Stiftshof 3, 6422 Stams. Tél.: +43.5263.6242-512.