Situé au cœur du mont Koya, le Koyasan Onsen Fukuchiin Shukubo propose des chambres de style japonais dans un temple bouddhiste historique.

Situé en plein cœur du Japon, le Kansai se partage entre le passé, le présent et le futur. Riche en histoire, la région est incontournable que l’on soit fin gourmet ou en quête d’une expérience spirituelle.

LE KANSAI, UNE RÉGION HISTORIQUE AU CŒUR DU JAPON

Situé sur la ceinture de feu, il n’y a pas plus contrasté que le Japon. Au nord, des montagnes aux sommets enneigés et aux versants gelés. Des volcans, encore actifs. Un climat rude avec des températures pouvant aller jusqu’à moins 20 degrés. Au Sud, des îles subtropicales au climat plus doux. Au centre, le Kansai. Cette région que l’on appelle aussi le Kinki, située sur l’île principale de Honshu, bordée par la région de Chugoku à l’Est et celle de Chubu à l’Ouest, est l’une des zones les plus peuplées mais aussi les plus industrialisées du Japon. Officiellement constituée de 6 préfectures dont les fameuses Kyoto ou Osaka mais aussi Hyōgo, Shiga et Wakayama, le Kansai abrite également l’ancienne capitale du Japon, Nara, qui fut ensuite déplacée dans l’actuelle Kyoto et ce pendant plus 1000 ans. Cette place privilégiée au sein de l’archipel nippon a permit à la ville de prospérer tant sur le plan économique que culturel. Certains attribuent 7 préfectures (avec Mie) au Kansai et les circuits touristiques incluent souvent deux autres préfectures, Fukui et Tokushima.

Les chemins de pèlerinage montagneux du Kii sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004. Un panneau près de Gyuba-doji sur la route du pèlerinage de Kumano Kodo.

LE PÈLERINAGE, ANCRÉ DANS LA CULTURE JAPONAISE

Loin de toute cette agitation urbaine, des nombreux coins de paradis sont à découvrir. Les anciennes forêts de cèdre et de cyprès, peuplées de nombreuses espèces animales et végétales, sont parfaites pour se balader et se ressourcer. Mais celui qui recherche plus de spiritualité doit se tourner vers l’une des activités principales du Kansai, le pèlerinage. Notamment à travers la multitude de temples, de monastères ou de pagodes hérités d’une histoire millénaire. En effet, la région a été habitée il y a plus de 10000 ans et Nara est parfois dénommé « le berceau du Japon ». Il se dit que c’est là que l’histoire du Japon aurait commencé. Le mont Yoshino Yama est l’un des trois sites sacrés de la péninsule de Kii, sur laquelle se situe la préfecture Nara. A flancs des coteaux, au printemps, à l’heure du Hanami, les cerisiers présents par milliers se parent de délicieuses nuances roses et blanches. Les chemins de pèlerinage de Kumano Kodō comme bien d’autres voies dans la région sont « patrimoine mondial de l’Unesco ».

Sur la route du pèlerinage de Kumano Kodo, les chemins sont parfois très sinueux. Un monument honorifique près de Chikatsuyu-oji.

LE KANSAI, UNE IMMERSION DANS LA CULTURE JAPONAISE

Le bouddhisme, religion dominante au Japon après le shintoïsme, aurait été introduit par cette région du Kansai grâce aux voyageurs qui la traversaient puis aurait été diffusé dans le reste du pays. De nombreux sanctuaires religieux ont été classés « patrimoine culturel de l’Unesco ». Kyoto, très populaire auprès des touristes, est aussi la ville où l’on compte le plus grand nombre de temples et de sanctuaires au Japon. À la manière de Saint-Jacques de Compostelle, le Kansai est une terre de pèlerinage. Le plus ancien, le Kansai Kannon plus connu sous le nom de Saigoku Sanjūsan-sho, permet aux pèlerins de partir à la découverte de 33 temples millénaires sur des centaines de kilomètres et de traverser une région où les lieux sacrés côtoient sans complexe les édifices des mégapoles fourmillantes. Les voyageurs peuvent s’initier aux rituels ancestraux et s’immerger dans une culture qui a traversé les temps… Immersion également dans les onsen, des sources naturelles d’eau chaude omniprésentes auxquelles on attribue des vertus thérapeutiques et issues d’une longue tradition. Sur l’île de Shikoku, le pèlerinage des 88 temples est l’un des plus connus et souvent comparé à celui de Compostelle. Long de 1200km, il est divisé en quatre parties. Les temples de 1 à 23 sont situés sur la préfecture de Tokushima, souvent considérée comme faisant partie du Kansai, notamment par les offices du tourisme. Le premier temple, Ryōzen-ji, se trouve à Naruto.

Des coquilles Saint-Jacques japonaises attendent patiemment de trouver preneur et d’être cuisinées au Kuroshio Market. Les fruits de mers et crustacés sont omniprésents dans la cuisine du Japon. Au Kishu Minabe Royal Hotel, ils sont cuits au charbon de bois et offrent ainsi des saveurs délicieuses.  

LA GASTRONOMIE, AUTRE PILIER DE LA CULTURE DU KANSAI

Même si le Kansai est très tourné vers la spiritualité, la gastronomie n’en n’est pas moins importante. La région offre de nombreuses spécialités culinaires. La tradition culinaire de Kyoto porte même un nom : le kyō-ryōri. Le Kansai possédant beaucoup de côtes, les produits de la mer sont donc omniprésents dans la cuisine locale. Le Binchôtan, charbon blanc actif japonais fabriqué à la vapeur à partir d’un chêne vert, est très utilisé pour cuire toutes sortes d’ingrédients car il ne dégage pas de fumée. Les takoyaki sont un pur produit « street food ». Boulettes de pâtes garnies de poulpe, elles sont présentées dans une barquette ou en brochette. Dans le Kansai, elles constituent un plat à part entière alors que dans les autres régions où l’on sert cette spécialité, elles ne sont que des take-away… en attendant le repas ! L’okonomiyaki est une crêpe cuite sur plaque chauffante nappée de garnitures et de sauces et composée de pâte enrobant un certain nombre d’ingrédients coupés en dés. Il peut s’agir de viandes, de poissons ou crustacés, d’œufs, de kimchi, d’algues japonaises.
À déguster frits ou à la vapeur, les yatsuhasbi sont des pâtisseries, originaires de Kyoto, en forme de triangles et dont les ingrédients de base sont la pâte de riz, la poudre de cannelle et le sucre. S’ajoutent d’autres ingrédients comme le chocolat ou la confiture. Le bœuf de Kôbe ou wagyû est mondialement réputé pour sa délicatesse, sa saveur mais surtout sa texture très persillée. Très cher, il n’est exporté en Europe que depuis 2014 et possède désormais un label de protection équivalent à l’IGP.

Remerciements à Mme Tomoko Hoshi (Kansai International Tourism Promotion Center) et Mme Ikuko Nagao (Office National du Tourisme Japonais).

Copyright des photos : Frédéric Ducout

Photo d’ouverture : Allée de torii, sanctuaire de Fushimi Inari, Kyōto.

Les langoustes japonaises appelées ise-ebi sont exquises cuisinées rôties, frites ou en sashimi. Le petit déjeuner Shojin Ryori est axé autour d’une cuisine bouddhiste végétarienne.

Entrée principale du temple Fukuchiーin Shukubo. Situé à Koya, il sert également d’hébergement pour les pèlerins. Les bassins enchantées du temple Ryôzenji.

Le Ryôzenji est le premier temple du pèlerinage des 88 temples sacrés de Shikoku. Un peu partout des sculptures représentant des divinités bienveillantes.

La teinture à l’indigo « aizome » est une tradition japonaise de longue date. Un musée appelé Ai no yakata (Maison de l’indigo) a été installé dans une ancienne demeure d’un riche marchand d’indigo, dans le quartier d’Aizumi, dans la ville de Tokushima.

La maison est aussi la fabrique des tissus teints à l’indigo. Il faut un long bâton pour remuer délicatement le tissu dans le bain. La couleur finale dépend du nombre de fois où le tissus est plongé dans la cuve. Chaque nuance porte un nom. Pour créer des motifs tie and dye, il faut isoler certaines parties du tissu. 

Des fûts japonais et un bassin d’eau pour purifier ses mains et sa bouche au sanctuaire Iwashimizu Hachiman-gū dans la ville Yawata, préfecture de Kyoto.

Des lanternes en pierre dans le sanctuaire Iwashimizu Hachiman-gū à Yawata, préfecture de Kyoto. Le Jardin Shokado dans la ville Yawata, préfecture de Kyoto.

Jardin Shokado à Yawata, dans la préfecture de Kyoto. Uosaburo, un restaurant de poisson haut de gamme, établi depuis 1764 à Kyoto.