Coraux des Iles Salomon, Stylasteridae et Disticho.

La lente destruction des coraux, même si elle revêt parfois un caractère naturel, est bien souvent due à l’homme, l’industrialisation ou la pollution provoquée par lui. On appelle ces causes les pressions anthropiques.

LES DIFFÉRENTES CAUSES LIÉES A L’HOMME

La pollution des eaux, directe ou indirecte, quelle que soit son origine, est l’un des principaux facteurs responsables de la destruction des coraux.
En Polynésie Française, à la Réunion, à Wallis et Futuna, à Mayotte, de mauvaises pratiques agricoles et en particulier l’utilisation abusive d’engrais chimiques provoquent un enrichissement artificiel en nitrates des eaux côtières, entraînant le développement des fameuses algues nuisibles aux coraux.
Les hydrocarbures et en particulier les vidanges sauvages faites dans les mangroves sont à l’origine eux aussi de pollutions chroniques.
Les métaux lourds comme le cadmium, le vanadium, le plomb, le cuivre, le zinc, ou l’étain agissent sur la santé des coraux tout comme l’industrie de la canne à sucre qui a elle aussi son rôle néfaste. Elle produit des déchets liquides très toxiques appelés « vinasse » qui sont rejetés dans les rivières provoquant ainsi la destruction des communautés marines. Par exemple la Guadeloupe rejette 20 tonnes par jour de matière oxydable en période de production.
Les décharges, qu’elles soient publiques ou plus privées comme les fosses septiques ou puisards individuels, représentent elles aussi une grande source de pollution indirecte des eaux. Faute d’assainissement et d’épuration, les nappes phréatiques finissent par êtres touchées.
Les travaux d’aménagement sur les côtes est en grande partie responsable de la dégradation des coraux, favorisant la turbidité (caractère trouble d’un liquide) des eaux et l’hyper-sédimentation.
Les techniques de pêches (filets maillants, pêche au caillou, pêche au poulpe, trémail, nasses caraïbes, pêche au djarifa, pêche à la dynamite…) sont elles aussi destructrices pour les récifs coralliens.
Le tourisme même s’il est important pour l’économie d’un pays et en particulier des pays tropicaux n’est pas exempt d’implication dans la disparition des coraux. Les écosystèmes sont en effet touchés et dégradés non seulement par la construction des infrastructures touristiques (hôtels, marinas…) mais aussi par la navigation de plaisance ou de commerce et particulièrement le mouillage des bateaux. Les ancres provoquent des dégradations irréversibles sur les bancs coralliens. Les plongeurs peuvent parfois casser les coraux à coups de palmes donnés involontairement. En clair le tourisme c’est bien mais attention au tourisme de masse. À trop vouloir tirer ses devises de cette manne touristique, le risque est de tuer la poule aux œufs d’or !

STOPPER LA DESTRUCTION DE NOTRE ÉCOSYSTEME ET DES CORAUX

Comment faire pour arrêter la lente destruction de notre écosystème et surtout des coraux ? Tout d’abord enseigner et transmettre les connaissances que nous possédons aujourd’hui. Nous devons essayer de proposer des solutions permettant d’anticiper, de réduire et de maîtriser les risques naturels et environnementaux. Bien sûr certains d’entre eux sont d’une telle soudaineté et d’une telle violence que nous nous sentons impuissant. Mais n’est-ce pas notre négligence au fil du XXe siècle qui nous a amené à cet état de fait. Pourrons-nous reconstruire pendant qu’il en est temps, ce que nous avons détruit en un siècle et qui avait mis des millénaires à se constituer ? La terre a connu des évènements et des catastrophes climatiques sans que l’homme n’y soit pour rien, pourtant, aujourd’hui, il est en grande partie responsable. À quoi nous servirons tous nos acquis si notre terre devient invivable ? C’est une des questions que doivent se poser, aujourd’hui, les décideurs, industriels ou politiques. De grandes avancées technologiques obtenues au prix de l’être humain, pourquoi, si notre planète devait sombrer un jour… très prochain ?

Copyright : Pierre Laboute / IRD