Après deux ans d’absence, le Village International de la Gastronomie était de retour dans les jardins du Trocadéro aux pieds de la tour Eiffel. Cette année, plus de 50 destinations, pays ou régions, ont répondu à l’appel des organisateurs pour faire (re)découvrir leur cuisine, leurs spécialités culinaires et leurs coutumes folkloriques et musicales. Le bilan est positif avec plus 43500 visiteurs qui se sont croisés dans les allées.

LA CUISINE, UNE PORTE D’ENTRÉE DES CULTURES

Deux ans d’absence. Deux années durant lesquelles, notre vie a été suspendue à cause d’un virus. Deux ans durant lesquels un bon nombre de personnes ont été déracinées car empêchées de retourner dans leurs pays, se ressourcer comme beaucoup en ont l’habitude lorsqu’ils vivent dans un autre pays que le leur. Mais pendant ces deux années, la cuisine a continué à être le lien indéfectible, le ciment entre les personnes dans une même famille, une même communauté, un même quartier, et plus surprenant sur les réseaux sociaux. Le lien s’est parfois consolidé entre les générations vivant sous le même toit. Pour exemple, le chef italien Simone Zanoni a profité du confinement pour non seulement développer son activité et sa présence sur les réseaux sociaux mais aussi pour réaliser des livres en famille. Pour Anne-Laure Descombin, à l’origine de la création de ce rendez-vous gastronomique, « la cuisine est une porte d’entrée des différentes cultures, le moyen d’apprendre et d’échanger les gestes, les goûts, les arômes et les couleurs. Elle permet aussi de renouer avec nos racines, de transmettre à nos enfants la richesse de leur patrimoine culinaire, de redécouvrir des plats ancestraux et d’aller à la rencontre des autres avec curiosité et gourmandise ». Pour son retour, le Village a fait peau neuve. Même s’il est question de « cuisine populaire », cette expression a disparu du nom de l’évènement. Désormais, il faudra l’appeler Village International de la Gastronomie. Plus court. Plus d’impact ? Hormis ce petit changement, la formule est restée la même. Au programme, des démonstrations de cuisine sur le stand des Toques Françaises (association présidée depuis 2015 par Marie Sauce-Bourreau, également Présidente fondatrice de la Cuillère d’Or), des spectacles de danse et des concerts, des tables rondes et des conférences (parmi lesquelles « La cuisine traditionnelle Mexicaine, culture communautaire, vivante et ancestrale » donnée par Ximena Velasco, créatrice du festival culinaire ¡Qué Gusto! et Serge Bahuchet du Museum Nationnal d’Histoire Naturelle-Musée de l’Homme), des séances de dédicaces. Et surtout de la bonne humeur. Véritable fête de la cuisine, l’ambiance était joyeuse sur les stands malgré parfois quelques nuages et averses. Anne-Laure Descombin a également réussi le difficile pari de mêler cuisine populaire et haute gastronomie, deux mondes à priori à l’extrême opposé, avec la présence des nombreux chefs, étoilés ou pas, mais tous confirmés et d’une notoriété vraiment internationale. Après Guillaume Gomez lors de la troisième édition du village en 2018, Ghyslaine Arabian et Thierry Charrier pour la quatrième édition en 2019, le parrain de cette édition 2022 était Guy Savoy et le Président d’honneur, Stéphane Layani (Président du Marché International de Rungis).

Lilith Voskanian, qui représentait l’Arménie, est une fidèle exposante du salon depuis sa création.

UNE AMBIANCE FESTIVE ET DES DÉCOUVERTES CULINAIRES

Sur le stand des Toques Françaises, de nombreuses démonstrations de cuisine ont enchanté un public déjà acquis à la cause et fervent amateur de bonne chair. Accompagné de Nicolas Rutard, ancien chef exécutif des Îles Paul Ricard, qui a décidé de tenter l’aventure en Polynésie prochainement, Nicolas Baretje nous a fait une démonstration très didactique. Alternant histoire sur la Polynésie, quiz et explications sur les ingrédients utilisés dans ses recettes, il su captiver son public. Autre démonstration très suivie, celle de la chef mexicaine Mercedes Ahumada. Aidé par le consultant culinaire indépendant Cyril Prévost, l’ambiance a été très festive. Sur le piano de cuisine, Mercedes a préparé un mole. Cette sauce connue pour contenir du chocolat est surtout fabriquée à base de piment jalapeño fumé. Tout au long des quatre jours, Taiwan, Pérou, Philippines, Cambodge, Espagne, Arabie Saoudite, Ukraine, Indonésie (le pays à l’honneur cette année), Tanzanie, Cap Vert, Italie, Azerbaïdjan, Liban, Côte d’Ivoire… se sont succédé derrière le plan de travail de l’espace dédié. Mais pour vraiment goûter à toutes les cuisines populaires, il fallait se rendre sur les nombreux stands. Si certains proposaient des plats à 15€ ou plus (un peu cher après avoir déjà payé un droit d’entrée de 5€), d’autres faisaient découvrir leurs spécialités pour 5€ à peine comme La Tanzanie. C’est avec un plaisir non feint que les visiteurs habitués du Village ont pu retrouver des fidèles du Village, côté cuisiniers cette fois-ci. Comme Irina, du stand de la Roumanie, Andrei Orza pour l’Espagne, Luis et Nely pour le Chili ou Lilith Voskanian, qui représentait l’Arménie.

Ximena Velasco, créatrice du festival culinaire ¡Qué Gusto!, et Mercedes Ahumada, cheffe mexicaine.

Nicolas Baretje, chef du stand de la Polynésie.

La Jordanie nous a fait une démonstration de musique avec un instrument à corde typiquement bédouin.

Les danses du Brésil.

Les deux cuisinières de la Tanzanie.

L’inauguration par les officiels parmi lesquels Cyril Cyril Rouquet-Prévost, Chef cuisinier, animateur de shows culinaires et consultant pour de grandes marques, Guy Savoy, chef trois étoiles au Guide Michelin depuis 2002, Hamida Rezeg, Vice-présidente de la région Ile-de-France chargée du tourisme, Stéphane Layani, Président de la société qui gère le marché d’intérêt national de Rungis, Anne-Laure Descombin, la créatrice du Village, et Guillaume Gomez, meilleur ouvrier de France et Ambassadeur pour la Gastronomie au service du président de la République Française.

Le mole poblano est une sauce mexicaine généralement à base de cacao et de piments grillés. Il existerait presque autant de mole que de familles mexicaines. On le sert généralement avec du poulet mais l’inventivité des chefs ouvre la voie à de nouvelles associations.

Mercedes Ahumada, cheffe mexicaine, en train de faire une démonstration de cuisine.

Mercedes Ahumada, cheffe mexicaine, et Cyril Prévost, consultant culinaire indépendant, lors d’une démonstration culinaire.

Irina, du stand de la Roumanie, aime faire découvrir les spécialités de son pays d’origine.

Nely, du stand du Chili, est elle aussi une fidèle du salon depuis sa création.

Eka Moncarre, représentante de l’Indonésie à Paris, et toute sa délégation Indonésienne.

Tout sourire au stand de l’Afghanistan.

Sur lee stand de l’Arabie Saoudite, c’était tressage et dégustation de café.

Quelques douceurs de l’Azerbaïdjan.

Quelques vins d’Arménie, dont un vin réalisée à partir de… grenade ! Ce fruit est l’un des symboles du pays.

Joan Fernandez (Les Toques Françaises) et Michael Giovan A. Sarthou, chef des Philippines.

La Réunion présentait entre-autres sa vanille.

Le Vietnam propose une cuisine très riche et savoureuse, à découvrir également dans le 13e arrondissement de Paris, au restaurant Ngoc Xuyen Saigon, 4 rue Caillaux.

Falafels libanais cuisinés en direct.

Les sandwichs libanais ne demandaient qu’à être dévorés !!

Un plat typique de Tanzanie avec viande, bananes plantains et un riz délicieusement cuisiné.

Nicolas Rutard, ancien chef exécutif des Îles Paul Ricard.