Petit point minuscule perdu au cœur de l’océan Pacifique, l’île de Pâques est l’une des terres les plus isolées au monde. Rapa Nui, son nom polynésien, fascine les voyageurs depuis la nuit des temps. Sur l’île de Pâques, les découvertes sont plurielles entre immenses statues moaï, légendes ancestrales et danses traditionnelles. Petit tour d’horizon de la plus lointaine des îles lointaines.

LE GRONDEMENT DES TROIS VOLCANS

L’histoire de l’île de Pâques commence il y a 3 millions d’années par l’irruption des volcans Poike, Rano Kau et Tereveka. Les trois cracheurs de lave sortent de la torpeur dans laquelle ils étaient plongés depuis des siècles et laissent éclater leur colère. Le son du magma en activité se fait entendre, la marmite bouillonnante est prête à exploser à tout moment. Soudain, la terre tremble et se fissure, c’est l’irruption. Un amas de fumée, de cendre, de roche volcanique et de lave jaillissent du centre de la Terre dans un fracas assourdissant. Les coulées de lave dévalent à toute vitesse les pans des volcans et se rejoignent pour former un ilot triangulaire de 162 km2. Le nombril de la Terre est né.

LE TEMPS DES PREMIÈRES EXPLORATIONS

Les premières peuplades à avoir colonisé Rapa Nui sont d’origine malayso-polynésienne. Elles s’établissent sur l’île au Ve siècle et vivent d’agriculture et de pêche. Les chefs de tribus instaurent le culte des moaï : d’énormes statues de tuf et de basalte, sorte d’intermédiaires entre les hommes et les dieux. Ces colosses sont censés apporter paix et prospérité aux habitants de l’île. Les siècles passent et le culte des moaï est discrédité et abandonné au profit d’un nouveau rite, celui de Tangata Manu ou l’homme oiseau.
Le premier Européen à découvrir l’île de Pâques est le navigateur hollandais Jacob Roggeven. L’île est alors baptisée « Paasch-Eylandt », parce qu’elle a été découverte le jour de Pâques 1722. Quelques années plus tard, en 1770, les colons espagnols accostent sur l’île et la mettent à feu et à sang. Des guerres de clans, des catastrophes naturelles ainsi que des épidémies disséminent peu à peu la population. Rapa Nui est ensuite visitée par l’explorateur anglais James Cook en 1774 et par l’explorateur français La Pérouse, en 1786. En 1888, l’île est annexée par le Chili pour l’élevage de moutons, les Rapanui perdent ainsi une partie de leur territoire. Ils ne retrouveront leurs droits qu’au milieu du XXe siècle.

LE MYSTÈRE DES STATUES MOAI

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en avril 1722, Jacob Roggeven découvrit les étranges colosses taillés dans la roche volcanique. Attraction phare de Rapa Nui, les 887 moaï sont répartis sur toute la surface de l’île, la plupart tourne le dos à l’océan. Leurs dimensions sont impressionnantes : entre 4 et 8 m de hauteur pour un poids en moyenne de 14 tonnes. Si un grand nombre d’entre-elles demeure inachevé, les statues ont su défier le temps et les intempéries. Preuve à l’appui, leur remarquable état de conservation.
L’île de Pâques est un extraordinaire site archéologique. Dans la carrière creusée dans le flanc du volcan Rano Karaku, vous admirez le processus complexe de la construction des moaï. Les première statues fabriquées datent de l’an 500 de notre ère, cependant la majorité ont été taillées entre l’an 1000 et 1650. Si vous jetez un coup d’œil dans le cratère de 1 500 m d’envergure, vous découvrez un lac volcanique de 200 m de profondeur. La plateforme Ahu Nau Nau abrite les seuls moaï coiffés de pukao, un couvre-chef rouge traditionnel. Le mystère subsiste quant à l’acheminement des statues du cratère du volcan vers le rivage. Ont-elles été glissées avec des rondins de bois ? Les dieux les ont-elles fait marcher vers l’océan ? Les spéculations sont nombreuses… Pour avoir des réponses, rendez-vous au musée anthropologique Sebastián Englert.

LE RITE DE L’HOMME-OISEAU

Le culte des idoles est abandonné à la fin du XVIIe siècle et une nouvelle coutume est adoptée par les habitants de l’île : le rite de l’homme oiseau. Cette sorte de jeux olympiques à la sauce pascuane avait lieu chaque année, près du village d’Orongo. La compétition prenait la forme d’une épreuve sportive durant laquelle les chefs de tribu devaient faire preuve de force et d’agilité. Chaque participant escaladait une falaise de 200 m de hauteur et rapportait un œuf d’hirondelle en le posant sur la tête. Le premier qui restituait l’œuf sans le briser gagnait l’épreuve et était désigné chef sacré de l’île. Le vainqueur siégeait un an aux côtés du roi de l’île et devenait l’incarnation vivante de Make Make, la divinité suprême rapanui.

LES INDÉCHIFFRABLES TABLETTES RONGO RONGO

Les tablettes rongo rongo renferment les derniers secrets de l’île de Pâques. Ces mystérieuses planches en bois sont la preuve que les peuples pascuans savaient lire et écrire. Leur contenu reste indéchiffrable, nul ne sait s’il s’agit d’un alphabet, d’idéogrammes ou de hiéroglyphes. Seul certitude, la lecture s’effectuait de bas en haut et de gauche à droite. A la fin de chaque ligne, la tablette était retournée pour poursuivre la lecture. Parmi les lignes des bois parlants, on trouve silhouettes humaines et animaux. L’île de Pâques est une terre d’histoire et de traditions. Le voyageur qui est en vous tentera de percer ses mystères. Saurez-vous résister à l’appel de Rapa Nui ? Par Laurie Pertusa de l’agence Chile-Excepcion.

POUR PLUS D’INFORMATIONS SUR L’ÎLE DE PÂQUES

Site officiel de tourisme du Chili

Circuit complet sur l’île de Pâques

Copyright des photos : Shutterstock / Tero Hakala / Tadas Jucys