Photographier un paysage est ce qui semble le plus accessible. Toujours là, votre paysage se prête volontiers au jeu de la pose interminable. Les montagnes, contrairement à l’humain en perpétuel mouvement, attendent impassible. Mais la photographie de paysage va plus loin.

TECHNIQUES DE BASE POUR DES PAYSAGES AU TOP

La photographie de paysage révèle de nombreux aspects de la planète comme la végétation, la lumière ou les saisons. Si vous avez la chance de les publier, elles militent pour la préservation de l’environnement. Une pratique régulière de ce type de clichés vous enseignera peu à peu comment composer une belle image de paysage, les meilleurs points de vue à adopter, le bon dosage de la lumière et des ombres. Campagne, mer, montagne… quelque soit le paysage que vous prenez en photo, il y a quelques règles importantes à intégrer. Ces règles font parties des fondamentaux auxquels il faut penser à chaque fois que vous êtes en difficulté sur une prise de vue. Ces règles vous suivront tout au long de votre parcours photographique.

LA RÈGLE DES TIERS

Cette règle peut être appliquée à tout type de sujet. Le jeu consiste à diviser son image en 3 parties verticales ou horizontales. Elle stipule que l’image a plus de force si on place l’élément important sur un tiers de l’image. Dans le cas d’un paysage, par exemple un coucher de soleil sur une plage, votre photo aura beaucoup plus de force si la plage ne prend que le tiers inférieur du cliché. Les deux autres tiers permettent de donner de la profondeur aux clichés et de laisser vagabonder votre regard ou celui de ceux qui regardent votre photo. C’est ce qui s’appelle aussi « placer l’horizon bas ». Parfois pour des effets encore plus spectaculaires vous pourrez exagérer ce tiers qui pourra être d’un sixième de l’image. Mais il faut alors que le ciel de votre cliché en vaille vraiment la peine ! Lorsque vous avez un élément, dans l’image, que vous souhaitez mettre en valeur, la règle des tiers vous permet de le décentrer et de rendre ainsi votre image plus plaisante que si vous l’aviez mis au centre. Certains appareils photos offrent une assistance au cadrage et des lignes en surimpression apparaissent si vous vous mettez sur un programme paysage. Mais vous n’avez pas toujours cette option. Le mieux est donc d’apprendre. Sur l’image 1, la règle des tiers est respectée. Un tiers pour le ciel, un tiers pour le glacier, un tiers pour la mer et les reflets du glacier.

LE CHOIX DU POINT DE VUE

La plupart du temps, le point de vue que vous choisirez sera le plus évident. Pour éviter d’être limité dans votre créativité, bougez et multipliez les points de vue. Votre image même lorsqu’il s’agit d’un paysage doit comporter un élément vedette qui attire l’œil du spectateur. Dans un paysage de montagne ou de campagne, il peut s’agir d’une maison, d’une colline qui se détache du reste, d’un arbre… Vous pourrez alors, tout en respectant la règle des tiers, prendre votre cliché dans différentes positions qui donneront plus de personnalité à chaque photo. Vous pouvez par exemple rester debout, vous allonger sur le ventre et pouvoir ainsi utiliser un premier plan très proche de vous qui permettra de suggérer la profondeur. Attention tout de même à ce que ce premier plan ne devienne pas l’élément dominant du cliché. Multipliez aussi les focales qui vous donneront de multiples facettes d’un paysage.

CHOISIR LE MOMENT ADÉQUAT

La photographie de paysage intègre un nouveau niveau de difficulté, celui de choisir le bon moment de la journée pour prendre la bonne photo. Essayer d’intégrer que l’éclairage du paysage est fortement indépendant de votre volonté. Vous pouvez passer devant un paysage à une heure fixe, à une saison fixe et dans des conditions météorologiques avec lesquelles vous devrez faire comme lors d’un voyage organisé. Vous ne pourrez par revenir plus tard. Il vous faut donc apprendre à gérer toutes les conditions. Le soleil, et en particulier sa position, peut être votre meilleur allié comme votre pire ennemi. Sa température aura une incidence sur votre cliché. D’un point de vue général préférez les prises de vues au lever ou au coucher du soleil, lorsque le soleil est très bas. Les ombres se détachent alors, donnant à votre image plus de profondeur. Les lumières du matin sont plus vives, celles du soir sont plus chaudes. Elles donnent généralement un bel aspect à un paysage même si le temps n’est pas vraiment clément. Un cliché pris lorsque le soleil est au zénith donnera quelque chose de plus plat et écrasé. Les ombres seront très dures, les contrastes trop forts. Il y a aussi des moments opportuns à de magnifiques clichés comme les lumières vives et chaudes qui surgissent après un orage.
Petite astuce : Pour prendre une photo au lever et surtout au couché du soleil, réglez votre balance des blancs manuellement ou choisissez le mode «Soleil». Votre appareil n’interprètera pas la dominante colorée comme devant être corrigée et vous obtiendrez des effets des plus satisfaisants. Une balance des blancs automatique détectera et corrigera la dominante. Avec un reflex, sur un mode manuel sous-exposez de 1 ou 2 diaphragmes.

LE SABLE ET LA NEIGE

Que peuvent avoir en commun des dunes dans le désert et des cimes enneigées ? Plages, sable et neige ont en commun de perturber la cellule de l’appareil photo à cause de la grande luminosité qui émane de ces paysages particuliers. Votre appareil photo a alors toutes les chances de sous-exposer. Résultat, vous obtiendrez une photographie grise et manquant de détails. Plusieurs solutions s’offrent à vous. Soit vous avez un appareil photo sur lequel existe des préréglages définis comme Scène Plage ou Scène Neige. Dans ce cas précis c’est votre appareil qui travaillera. Si vous utilisez un reflex, surexposez via la correction d’exposition ou utilisez la mesure spot. La surexposition permet aussi à la neige de conserver cette belle couleur blanche qui nous émeut tant. Pour ces paysages particuliers préférez des heures moins ensoleillées comme l’aube ou le crépuscule. La luminosité sera moindre et vos clichés seront tout aussi réussis. D’un point de vue « matériel » ajoutez à votre objectif un filtre UV ou Skylight et un filtre polarisant. Le ciel sera plus soutenu, les nuages ressortiront, votre image n’en n’aura que plus de caractère. Si votre appareil le permet poussez les ISO à 50. C’est la sensibilité idéale pour ce genre de scène.

PAYSAGE URBAIN ET INDUSTRIEL

Lorsque l’on évoque le paysage, on pense immédiatement aux montagnes, aux couchers de soleil, aux grandes étendues naturelles… mais rarement au paysage urbain voire au paysage industriel. Et pourtant quelles sources de créativité si l’on y met un peu du sien ! Les villes regorgent de formes et de couleurs, de lignes et de courbes qui bien exploitées peuvent donner de magnifiques clichés. L’important dans ce type de photos est de se concentrer sur la composition. Il faut faire avec les aléas de la déformation des perspectives liées aux courtes focales. Une règle à toujours respecter pour les paysages urbains et industriel : la règles des tiers. Quel est votre sujet principal, la « vedette » de votre photo et comment faire pour le mettre le plus en valeur ? Cependant, la règle des tiers n’est pas absolument incontournable. Si votre sujet se prête mieux au jeu de la symétrie, vous ne pourrez pas dans ce cas précis l’appliquer. Autre point important, la présence d’au moins une horizontale et une verticale. Il faut pour cela que votre photo soit prise de face et pas en plongée ou en contre-plongée. Et en ville, les horizontales et les verticales se croisent, se rejoignent, jouent les unes avec les autres sans que vous ayez à cogiter très longtemps pour trouver une composition idéale. Les lignes viennent à vous, alors profitez-en ! Certains appareils proposent même un quadrillage dans le viseur. Photographier devient alors un jeu d’enfants. Pour résorber les déformations comme les déformations en barillet ou en coussinet, ou encore les déformations dues aux grands-angles, vous pouvez opter pour une correction post-prise de vue (avec logiciels de retouche d’images) ou investir dans des objectifs à décentrement par exemple. Vos lignes seront alors redressées dès la prise de vue. Certain appareil intègre une fonction «Contrôle de la distorsion». Mais cette option est assez rare. Si vous ne possédez ni logiciel de retouche, ni objectif à décentrement prenez le parti d’accentuer l’effet «lignes fuyantes». Pour cela choisissez un autre point de vue. Qui dit point de vue, dit non seulement orientation de l’appareil photo mais aussi position du photographe. Vous pouvez par exemple prendre des photos en plongée et/ou en contre-plongée –donnant ainsi des résultats parfois impressionnants- mais aussi faire des «acrobaties» pour prendre des photos surprenantes. Par acrobaties entendez des positions inhabituelles comme se mettre accroupi, allongé par terre, penché à droite ou à gauche, etc. Bref tout sauf debout et statique ! La ville se prête bien à ce jeu et vous permettra ainsi d’avoir un bâtiment ou gratte-ciel en entier sur votre cliché. Autre technique très adaptée au paysage, quel qu’il soit mais particulièrement au paysage urbain et industriel : les détails. Avec différentes focales, portes, fenêtres, antennes, toits, moulures de façades permettent de traduire l’ambiance d’une ville. Même s’il s’agit là d’architecture, on reste tout de même dans un type de photographie de paysage. Dernier point, en ville jouez avec les reflets. Les villes en comportent des milliers à exploiter. Ils permettent non seulement d’élargir son champ artistique mais aussi de faire cohabiter sur une seule image l’ancien et le moderne et de jouer avec l’asymétrie.

LE PAYSAGE SOUS-MARIN

En période estivale quoi de plus naturel que de vouloir faire de la photographie sous-marine. Tout d’abord vous devrez vous équiper d’un caisson étanche adaptable à votre appareil photo et d’un éclairage performant. Cela peut être très coûteux si vous possédez un boîtier semi-pro ou pro. Sous l’eau, et plus vous vous éloignerez de la surface, vous serez confronté à plusieurs lois optiques comme l’absorption, la diffusion, la réflexion et la réfraction. L’eau est plus dense que l’aire. Les lois optiques seront donc modifiées par rapport à celle de l’air. L’absorption des couleurs comme son nom l’indique agit sur les couleurs en les faisant disparaître une à une quand la profondeur augmente ou quand la distance entre le sujet et le photographie devient plus importante. Les couleurs qui disparaissent sont d’abord le rouge puis l’orange, le jaune, le vert et le bleu. Il faudra donc utiliser un filtre rouge clair ou orange pour compenser l’excès de bleu. Le mode nuageux permet aussi de réchauffer les couleurs. La lumière est elle aussi absorbée. Il vous faudra donc un éclairage. Oubliez le flash de votre appareil, totalement inadapté à ce genre de photo. Vous pouvez soit opter pour des flashs ou des lampes étanches pouvant se fixer directement sur votre caisson. Pour des photos vraiment pros, choisissez un double flash monté sur bras articulés. Efficace mais très onéreux. Pour un système plus économique, faites-vous assister d’un éclaireur qui avec une lampe torche hermétique donnera à votre scène sous-marine la lumière suffisante. Sous l’eau optez pour une sensibilité au-dessus de 400 iso. Pour pallier la diffusion de la lumière, montez les iso, éloignez votre source de lumière artificielle et rapprochez-vous de votre sujet. Sous l’eau et derrière un masque ou un caisson, les objets paraissent plus gros qu’ils ne le sont en réalité. La focale de votre appareil photo va être multipliée. Il est donc conseillé de travailler avec des vrais grands-angles.