Le Champagne rosé poursuit sa progression. Qu’il soit de la Montagne de Reims, de la Vallée de la Marne, de la Côte de Blancs ou de la Côté des Bar, il a su séduire un public toujours plus nombreux. De saignée ou d’assemblage, sa large palette aromatique permet de le déguster de l’apéritif au dessert.

Le champagne a toujours le vent en poupe et particulièrement le rosé. L’attrait pour ce dernier aurait pu être éphémère comme la plupart des modes. Tendance de fond, le champagne rosé est cependant une habitude de consommation aujourd’hui bien ancrée dans les ménages français. Ce n’est plus un simple plaisir estival ou une boisson destinée aux tables des fêtes de fin d’année. Une bouteille sur trois vendue en France est une bouteille de vin rosé. Sa consommation a été multipliée par 3 depuis les années 90. Le champagne rosé n’échappe pas à cette nouvelle passion des français. Plus diversifié et qualitatif qu’autrefois le champagne rosé est aujourd’hui un vin à part entière qui se déguste de l’apéritif au dessert. En 2017, le marché du rosé a poursuivi sa progression en valeur par rapport à l’année précédente. Même si les expéditions ont subi une légère baisse (- 3,9 %) après 10 ans de constante augmentation, une bouteille sur dix exportées est un champagne rosé. Si l’Allemagne perd une place par rapport à l’année 2016 sur le marché de l’export d’autres pays consomment de plus en plus de champagne rosé comme le Mexique, l’Autriche et la Russie.

LE CHAMPAGNE ROSÉ EN CHIFFRES

En Champagne, 34500 hectares sur 5 départements sont consacrés au champagne rosé. Les coteaux de la Montagne de Reims, la Côte des blancs, la Côte des bars et la Vallée de la Marne se répartissent sur l’Aisne, la Seine-et-Marne, la Marne, l’Aube et la Haute-Marne. L’encépage du champagne rosé est constitué de 31% de Chardonnay, 38% de Pinot noir, 31% de Pinot Meunier (un vieux cépage qui a su redorer son blason) et 0,3% de cépages plus rares, plus traditionnels dont les rendements sont faibles comme l’Arbane, le Petit Meslier, le Pinot de juillet, le Pinot blanc vrai et le Pinot gris vrai (autrefois appelé Tokay Pinot gris). Les 15800 producteurs de Champagne dont 5000 sous la bannière Champagne de Vigneron travaillent la vigne sur 319 communes viticoles. Créée en 2001, la collective Champagne de Vigneron vise à développer la notoriété des champagnes produits sur le vignoble. Artisanat et authenticité sont les maîtres mots de cette démarche singulière.

LE CHAMPAGNE ROSÉ, C’EST QUOI AU JUSTE ?

En Champagne il n’y a pas une mais deux façons d’obtenir ce vin rosé. La méthode la plus classique (la méthode champenoise) est l’assemblable de vin blanc et de vin rouge de Champagne. Cette opération s’effectue avant le tirage. La seconde fermentation du champagne a lieu en bouteille. La seconde méthode est dite de saignée ou de macération. Elle consiste à laisser macérer les raisins égrappés de pinot noir ou pinot meunier durant quelques heures en cuve (généralement de 8h à 12h mais parfois plus) avant pressurage. Ces champagnes se reconnaissent à leur couleur soutenue, du rose orangé au rose cerise peu classique. En effet, comme il existe deux modes de fabrication, le champagne possède de nombreuses nuances aux arômes très différents. Les champagnes issus de macération rose cerise ou rose framboise révèlent des arômes fruités intenses et des notes d’épices. La vinosité est flagrante. Un champagne rose orangé peut être soit de saignée soit d’assemblage. Fruits et vinosité sont toujours très présents. Les champagnes roses saumonés et rose pâle dévoilent un palais plus structuré, souvent grâce à une part importante de chardonnay.

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